Une épidémie de giardiase plonge un refuge pour animaux de Los Angeles dans la crise
Los Angeles, Californie – Un foyer de giardiase, une infection parasitaire hautement contagieuse, a confiné des dizaines de chiens dans leurs chenils pendant près de trois semaines au refuge Chesterfield Square, dans le sud de Los Angeles. L’épidémie, détectée pour la première fois le 22 janvier, a touché 20 chiens à ce jour, selon L.A. Animal Services.
La giardiase provoque des diarrhées chez les animaux, et peut également être transmise aux humains, bien que le type de parasite affectant les chiens soit généralement différent de celui qui affecte les humains, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
La situation a mis en lumière les défis auxquels sont confrontés les refuges ouverts, qui sont légalement tenus d’accepter tous les animaux errants, abandonnés ou blessés de leur juridiction. Cette politique, explique Agnes Sibal-von Debshitz, porte-parole de L.A. Animal Services, rend les populations animales des refuges particulièrement vulnérables aux maladies introduites par des animaux dont l’historique médical est inconnu.
Les promenades, les groupes de jeu et les rencontres d’adoption en dehors des chenils ont été suspendus pendant une période d’isolement de deux semaines, initialement prévue pour identifier et traiter les chiens infectés. Cette période a été prolongée indéfiniment par l’équipe vétérinaire du refuge.
Malgré les efforts pour nettoyer quotidiennement les chenils, Annette Ramirez, directrice générale d’Animal Services, a admis lors d’une réunion récente de la Commission des services animaliers que l’absence d’un système de suivi de ces nettoyages signifie que certains chenils ne sont pas désinfectés tous les jours.
La situation a suscité l’inquiétude des défenseurs des animaux, qui dénoncent le fait que certains chiens soient toujours placés sur la liste d’euthanasie, même dans ces circonstances exceptionnelles. Ils soulignent que l’isolement prolongé peut entraîner une détérioration du comportement des animaux, comme une perte de poids malgré une alimentation accrue ou des signes de stress sévère.
“Il est inhumain de continuer à les maintenir dans un environnement de refuge où leur état continue de se détériorer”, a déclaré Ramirez, expliquant que l’euthanasie est envisagée pour les chiens dont la condition se détériore de manière significative. Trois chiens présentant des problèmes liés au stress figuraient sur la liste d’euthanasie lundi, mais Ramirez a précisé que les taux d’euthanasie n’avaient pas augmenté ces dernières semaines en raison de l’isolement.
Kat Typaldos, une bénévole, a témoigné lors de la réunion publique de mardi, déplorant le manque de communication et d’organisation. Elle a expliqué avoir demandé des informations sur la coordination des équipes de nettoyage dès le début de l’épidémie, mais n’avoir reçu de réponse que plusieurs semaines plus tard. “Le manque de communication et d’un programme organisé… crée de la confusion et des retards à un moment où le soutien rapide des bénévoles pourrait être essentiel”, a-t-elle déclaré.
Des photos prises mercredi après-midi montrent des chenils souillés par des excréments et de l’urine, avec des notes indiquant la présence de giardiase ou d’autres maladies attachées aux cartes d’identification des animaux. Certains chiens ont été vus marchant parmi les excréments pour accueillir les potentiels adoptants. Des panneaux demandent aux visiteurs de ne pas mettre leurs mains dans les chenils ni de caresser les animaux.
Cette épidémie survient alors que le système de refuge est déjà sous pression. En 2022, The Los Angeles Times avait révélé que des chiens au refuge de South L.A. n’avaient pas été promenés depuis plus d’un mois en raison d’une surcharge de travail et d’une pénurie de personnel. https://www.latimes.com/california/story/2022-07-14/la-city-animal-shelters-dogs-sit-in-kennels-weeks-months-without-walks
Malgré l’épidémie, le refuge reste ouvert du mardi au vendredi de 8h à 17h et le week-end de 11h à 17h. Un retour limité aux opérations normales est prévu ce dimanche, selon Sibal-von Debschitz. Les adoptants sont toujours les bienvenus pour rencontrer les animaux à travers les portes de leurs chenils.
La situation au refuge Chesterfield Square souligne l’importance cruciale d’un financement adéquat et d’une gestion efficace des refuges pour animaux, ainsi que la nécessité d’une sensibilisation accrue à la santé animale et à la prévention des maladies. L’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA) souligne régulièrement l’importance de la biosécurité dans les refuges pour prévenir la propagation des maladies. https://www.oie.int/
