La chanteuse égyptienne Yara Mohamed, connue sous le nom de scène Lara Hijazi, a été suspendue de toute activité artistique par le Syndicat des musiciens égyptiens pour une durée d’un mois. Cette sanction, effective du 24 juin au 25 juillet 2026, fait suite à une enquête interne sur la diffusion de contenus jugés « offensants pour la morale publique ».
Une suspension disciplinaire après une enquête syndicale
La décision du Syndicat des musiciens fait suite à une convocation officielle adressée à la chanteuse. Selon les informations rapportées par le magazine Laha, Lara Hijazi a comparu devant une commission disciplinaire le 24 juin 2026. L’instance a conclu que l’artiste avait interprété des chansons contenant des « termes vulgaires et des expressions offensantes pour la morale publique ».

« لمدة شهر كامل، يبدأ من 24 حزيران/يونيو الجاري إلى 25 تموز (يوليو) المقبل، وذلك على خلفية ما نُسب إليها من الغناء بألفاظ خارجة وعبارات خادشة للحياء العام. وجاء في قرار الموسيقيين »
Syndicat des musiciens égyptiens, via Laha Magazine
L’organe de régulation a précisé que cette mesure vise à garantir le respect des normes éthiques et professionnelles au sein de la profession. Le journal saoudien Okaz souligne que le syndicat a officiellement notifié les organisateurs de concerts et les agents artistiques de ne pas collaborer avec l’interprète durant toute la durée de cette période de suspension. Cette notification formelle aux organisateurs de spectacles est une procédure standard utilisée par le Syndicat des musiciens égyptiens pour s’assurer qu’un artiste frappé d’une interdiction ne puisse pas se produire sur scène, que ce soit dans des salles privées, des clubs ou lors d’événements publics, sous peine de sanctions pour les organisateurs eux-mêmes.
Le parcours de l’artiste entre succès populaire et controverses
Lara Hijazi, souvent surnommée la « reine du chant populaire », a bâti sa notoriété sur les réseaux sociaux et dans les fêtes populaires égyptiennes. Annahar note que sa carrière a connu un tournant majeur avec sa participation à la bande originale de la série télévisée « Ali Klay », un projet soutenu par l’acteur Ahmed El Awady. Ce type de collaboration marque généralement une étape importante pour les artistes issus du circuit des fêtes populaires, leur permettant d’atteindre une audience plus large via les plateformes de diffusion et les chaînes de télévision nationales.

Cette suspension intervient dans un climat de débat intense en Égypte concernant les paroles des chansons dites « de festival » (Mahraganat). Le genre, caractérisé par un mélange d’électro, de rythmes rapides et de textes souvent crus, a transformé le paysage musical égyptien ces dernières années. Alors qu’une partie du public soutient le syndicat dans sa volonté d’imposer des règles strictes pour préserver le « goût public », d’autres voix s’élèvent pour défendre la liberté artistique, arguant que le public est le seul juge légitime du contenu musical. Le Syndicat des musiciens, en tant qu’instance de régulation, détient le pouvoir légal de délivrer ou de révoquer les permis de travail des interprètes, ce qui lui donne un rôle central dans la gestion de ces controverses culturelles.
L’engagement de la commission disciplinaire
La commission a insisté sur le caractère impératif de sa décision pour protéger l’image de la profession. Dans ses déclarations, le syndicat a rappelé que le respect des règles n’est pas optionnel pour ses membres. Le Syndicat des musiciens égyptiens, institution historique, impose régulièrement des codes de conduite à ses adhérents, incluant des directives sur le choix des paroles, la tenue vestimentaire et la conduite générale sur scène, afin de maintenir ce qu’il définit comme les valeurs culturelles du pays.

« وأكدت اللجنة التأديبية أن القرار يأتي في إطار حرصها على الالتزام بالضوابط المهنية والأخلاقية المنظّمة لممارسة المهنة، والحفاظ على الذوق العام، مشددةً على ضرورة التزام جميع الأعضاء بالقواعد والمعايير التي تنظّم العمل الفني. »
Syndicat des musiciens égyptiens, via Laha Magazine
Le dossier de Lara Hijazi illustre les tensions persistantes entre l’évolution rapide des goûts musicaux portés par les plateformes numériques et les instances de régulation traditionnelles en Égypte. Historiquement, le syndicat a souvent été au centre de polémiques similaires, visant aussi bien des chanteurs de Mahraganat que des interprètes de musique pop plus classique lorsque les paroles sont jugées trop explicites ou contraires aux normes sociales. Ces suspensions temporaires sont souvent vues comme un avertissement formel, obligeant l’artiste à se conformer aux standards sous peine de sanctions plus lourdes, telles qu’une interdiction définitive d’exercer sur le territoire égyptien. À ce jour, aucune déclaration publique n’a été faite par la chanteuse concernant un éventuel appel ou une contestation de cette décision syndicale.
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