Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait face à une impasse politique majeure après les élections législatives du 27 octobre 2026. Aucun bloc parlementaire n’a obtenu la majorité absolue de 61 sièges au sein de la Knesset, laissant le pays dans une incertitude gouvernementale alors que le président Isaac Herzog s’apprête à désigner le prochain chargé de former un cabinet.
Une configuration parlementaire fragmentée
À l’issue du scrutin, la coalition de droite menée par le Likoud de Benjamin Netanyahu a remporté 53 sièges, un recul significatif par rapport aux 68 sièges détenus dans la législature précédente. Face à lui, l’opposition dirigée par l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot totalise 48 sièges. Les 19 sièges restants sont occupés par des partis arabes, devenus les arbitres de cette crise politique. Il s’agissait de la première élection générale suivant les attaques du 7 octobre 2023, un événement qui a rendu la question de la sécurité extrêmement sensible au sein de l’opinion publique israélienne.
Le bloc de Gadi Eisenkot a vu ses perspectives se renforcer après que les formations arabes — la « Liste commune » (11 sièges) et le parti Ra’am (8 sièges) — ont annoncé leur soutien à sa candidature. Ce ralliement porte théoriquement le soutien autour d’Eisenkot à 67 députés. Cependant, cette majorité numérique se heurte à des divisions internes. Le parti de droite « Israël Beytenou », mené par Avigdor Lieberman, a déjà fait savoir qu’il refuserait de siéger dans un gouvernement soutenu par des partis arabes, citant le refus de ces derniers de qualifier le Hamas d’organisation terroriste.
Le discours de Netanyahu et les tensions sécuritaires
Benjamin Netanyahu a vivement critiqué les manœuvres de ses opposants, qualifiant une éventuelle alliance avec les partis arabes de menace pour l’identité juive d’Israël. Selon le Premier ministre, les partis qui soutiennent le Hamas ne devraient pas participer à la gestion de l’État, une position qui résonne auprès d’une majorité de citoyens juifs israéliens pour qui le traumatisme du 7 octobre 2023 reste prédominant. Un sondage réalisé en octobre 2025 avait d’ailleurs révélé que si une large majorité de citoyens étaient mécontents de la gestion de la guerre par le gouvernement, une majorité d’entre eux maintenaient leur confiance dans la réponse militaire de l’armée.
Parallèlement, le Likoud a soulevé des allégations d’ingérence étrangère dans le processus électoral. Le juge Noam Solberg, président de la commission électorale, a ordonné au Shin Bet d’ouvrir une enquête de sécurité. Toutefois, le juge a précisé que, même si les soupçons d’ingérence s’avéraient fondés, cela n’affecterait pas la validité des résultats finaux.

Un contexte marqué par les enquêtes internationales
L’instabilité politique survient dans un climat international difficile. Un rapport présenté le 26 octobre 2026 par la commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies a soulevé de sérieuses questions sur les stratégies militaires d’Israël.
Le rôle du président Herzog
Le président Isaac Herzog a entamé une série de consultations avec les chefs de partis pour déterminer qui sera chargé de former le gouvernement. Le parti ultra-orthodoxe « Judaïsme unifié de la Torah » (UTJ), allié traditionnel de Netanyahu, a refusé de recommander un candidat lors de ces entretiens, affaiblissant davantage la position du Premier ministre sortant. Le processus est strictement encadré : une fois désigné, le candidat dispose de 28 jours pour constituer une coalition, avec une possibilité d’extension de 14 jours. Si aucun gouvernement n’est formé à l’issue de ce délai de 42 jours, le président pourrait se tourner vers un autre leader ou, en dernier recours, convoquer de nouvelles élections. La première session de la nouvelle Knesset est prévue pour le 10 novembre 2026.
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