G7: les académies des sciences réclament une gouvernance spatiale

La multiplication rapide des satellites en orbite terrestre basse pose de nouveaux risques pour la sécurité spatiale, l’astronomie et l’environnement. Face à l’augmentation des collisions, des débris et des interférences lumineuses, les académies des sciences du G7 plaident pour la création d’un organisme international permanent de gouvernance.

Ces dernières années, l’espace proche de la Terre a connu une transformation radicale. Si cette croissance offre une meilleure couverture haut débit dans les zones isolées et de nouveaux services d’observation, elle engendre également des défis majeurs pour la circulation orbitale et la préservation du ciel nocturne.

Le défi du trafic orbital et le risque de collisions

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Des milliers d’engins évoluent déjà dans les orbites terrestres basses et moyennes, et des dizaines de milliers d’autres sont planifiés. L’entreprise américaine SpaceX envisage notamment de déployer une mégaconstellation d’un million de satellites afin d’alimenter des centres de données dans l’espace. Dans un rapport conjoint, les académies des sciences des pays du G7 avertissent que cette accélération modifie profondément les conditions de circulation.

Plus le nombre de satellites augmente, plus les opérateurs doivent surveiller les trajectoires et mener des manœuvres d’évitement. Entre décembre 2024 et mai 2025, Starlink a ainsi dû effectuer plus de 144 000 manœuvres de ce type. La prolifération d’objets accentue directement le danger de télescopage. Les scientifiques du G7 recensent déjà plus de 28 000 objets mesurant plus de dix centimètres, auxquels s’ajoutent des centaines de milliers de fragments plus petits.

Chaque collision est susceptible de générer de nouveaux débris, créant un effet en chaîne. Ce phénomène d’emballement, identifié sous le nom de syndrome de Kessler, menace de rendre certaines régions orbitales totalement inutilisables à terme.

L’impact persistant sur l’astronomie optique et radio

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L’une des répercussions les plus visibles de cette expansion concerne l’observation astronomique. Éclairés par le Soleil, les satellites réfléchissent sa lumière et laissent des traînées lumineuses sur les clichés capturés par les télescopes. Parallèlement, les émissions radio des constellations perturbent les radiotélescopes vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Une étude de l’Observatoire européen austral chiffre précisément ces répercussions. Elle indique qu’une constellation de 50 000 satellites réfléchissants, projetée par la start-up américaine Reflect Orbital, pourrait à elle seule multiplier la luminosité du ciel par trois ou quatre. Une telle saturation compliquerait l’étude d’objets faiblement lumineux, tels que des galaxies lointaines, des exoplanètes ou des astéroïdes potentiellement dangereux pour la Terre.

Les répercussions environnementales de la rentrée atmosphérique

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Au-delà de l’orbite terrestre, l’accélération des lancements et des retours d’engins dans l’atmosphère soulève des inquiétudes écologiques. Les fusées libèrent de la vapeur d’eau, du dioxyde de carbone, des composés chlorés, des oxydes d’aluminium et du carbone suie dans les couches supérieures. Les académies du G7 soulignent que ces substances s’accumulent et interagissent avec la chimie atmosphérique, affectant notamment la couche d’ozone.

De surcroît, la destruction des satellites et des étages de lanceurs lors de leur rentrée génère des particules métalliques. Entre 10 et 40 % de ces matériaux résistent au passage atmosphérique et atteignent les couches inférieures ou la surface terrestre, risquant de contaminer les sols et les systèmes aquatiques à l’état de traces.

Vers une gouvernance internationale renforcée

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Face à la multiplication des menaces pour la sécurité, l’astronomie et l’environnement, les académies des sciences du G7 formulent une proposition concrète. Elles préconisent l’instauration d’un organisme permanent, calqué sur le modèle de l’Union internationale des télécommunications mais investi de compétences élargies. Cette nouvelle entité serait chargée de réguler l’allocation des fréquences et des orbites, d’encadrer la gestion du trafic spatial et d’évaluer les incidences environnementales et astronomiques des activités humaines au-delà de l’atmosphère.

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