Federico Miguel Vázquez Villasanti arrêté après la chute de Ueno Bank

Un yacht italien de marque Azimut, baptisé Zeus, figurait parmi les biens saisis par la justice paraguayenne à San Juan del Paraná lors des descentes menées après l’effondrement et l’insolvabilité de Ueno Bank, un établissement qui comptait environ 2,9 millions de clients et dont la chute a également entraîné la démission du président Santiago Peña.

L’intervention de Ueno Bank, ordonnée par un vote unanime du Banco Central del Paraguay le 3 novembre 2026, a brutalement gelé les fonds de millions de titulaires de comptes et mis en lumière un vaste réseau d’opérations de crédit et de transferts de liquidité. L’établissement, qui était passé d’une financière de microcrédits fondée en 1984 par Víctor Hugo Vázquez à une banque numérique de premier plan, affichait un indice de solvabilité tombé sous le seuil réglementaire, selon le Banco Central del Paraguay.

Les perquisitions patrimoniales et les saisies de la justice à Asunción et Itapúa

Les procédures judiciaires dirigées par le ministère public ont conduit à l’arrestation de Federico Miguel Vázquez Villasanti, le principal actionnaire du Grupo Vázquez, ainsi que de plusieurs membres du conseil d’administration. L’opération d’envergure, menée par le ministère public et la Police nationale à travers les départements de Delitos Económicos, Contra el Cibercrimen et Delitos Informáticos, a été pilotée par le procureur Francisco Cabrera avec l’accompagnement des agents fiscaux Yeimy Adle, Jorge Arce, Silvio Corbeta, Elena Fiore, Silvia González, Marlene González et Ruth Benítez. Dans sa résidence du barrio Mbocayaty à Asunción, les autorités ont saisi neuf véhicules de haute gamme évalués à USD 1,4 million, parmi lesquels un Mercedes-Benz Brabus 500 G blindé estimé à environ 550.000 dollars, un Bentley Continental GT, une Mercedes-Benz Clase G, un Mercedes-Benz AMG GT 63, un Porsche 911 GT3, un BMW M8, un Lexus LX, une Toyota Tacoma et une Toyota RAV4, d’après les détails rapportés par Infobae et La Voz del Interior. En parallèle, une comitiva menée par la procureure Ruth Benítez a intercepté le yacht Zeus dans le complexe Agua Vista, attribué à Vázquez, tandis que des agents ont localisé un avion Beechcraft King Air 300 et un Beechcraft B55 à l’aéroport international Silvio Pettirossi, ainsi que le relate El Territorio.

L’expansion fulgurante du holding et la trajectoire de Federico Vázquez

L’entrepreneur, qui revendiquait l’ambition de faire de l’entité le premier « unicornio » paraguayo coté à la Bourse de New York, contrôlait la majorité du capital du groupe. C’était une lumière pour prendre des décisions, un type très intelligent, mais on voyait bien qu’il était extrêmement risqué, a indiqué un ancien cadre financier ayant collaboré avec l’institution à Clarín. La cause ouverte par la justice comporte désormais 27 personnes imputées pour des faits punissables incluant la lésion de confiance, l’escroquerie et la violation de l’obligation de tenir des livres de commerce.

Miguel Vázquez
Photo : BBC

Les portefeuilles de crédits et les montants examinés par le régulateur

L’enquête menée par le Banco Central del Paraguay et le parquet s’intéresse particulièrement aux prêts croisés et aux lignes de financement octroyées à des sociétés liées au groupe, parmi lesquelles figurent des lignes approuvées atteignant USD 85 millions, et GSR EAS avec des financements de USD 72,8 millions, selon les dossiers examinés par Última Hora. D’autres structures comme Satec SA et ITTI SAECA apparaissent également dans la traçabilité des flux financiers liés à l’acquisition de la cartera morosa du banco pour un montant de USD 74,4 millions.

La démission de Santiago Peña et l’impact sur les fonds publics

La chute de l’établissement bancaire a provoqué un séisme politique majeur, culminant avec la démission du président Santiago Peña. Le dirigeant, dont les liens d’ancien actionnaire avec la holding ont été mis en cause, avait défendu les placements d’entités publiques dans l’institution. De son côté, l’Instituto de Previsión Social (IPS) maintenait des dépôts avoisinant les u$s 380 millions dans la banque, tandis que l’organisme régulateur a rappelé que chaque épargnant dispose d’une couverture garantie par la loi bancaire, ainsi que le détaillent iProfesional et Infobae.

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