Waller ouvre la porte à un report de baisse des taux de la Fed, attire les critiques de Trump
WASHINGTON (AP) – Un rapport solide sur l’emploi en janvier pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à reporter une baisse de ses taux d’intérêt lors de sa prochaine réunion en mars, a déclaré lundi Christopher Waller, membre du conseil des gouverneurs de la Fed. Cette perspective intervient alors que l’administration Trump intensifie ses critiques à l’égard de la politique monétaire de la banque centrale.
Waller a toutefois souligné que les gains d’emplois, qui ont atteint 130 000 en janvier, pourraient être un phénomène isolé. Il a précisé qu’il attendra de voir si les chiffres du mois de février confirment une amélioration durable du marché du travail, qui avait été particulièrement faible en 2025.
« Si le rapport sur l’emploi de février est similaire à celui de janvier, indiquant que les risques à la baisse sur le marché du travail se sont atténués, il pourrait être approprié de maintenir le taux d’intérêt de la Fed à son niveau actuel et de surveiller les progrès continus de l’inflation et la solidité du marché du travail », a déclaré Waller lors d’une conférence de l’Association nationale des économistes d’entreprise. À l’inverse, une nouvelle déception en février justifierait une baisse des taux en mars.
Cette position marque un revirement par rapport à janvier, où Waller s’était opposé à la décision de la Fed de maintenir ses taux inchangés après trois baisses à la fin de l’année précédente. Le taux directeur de la Fed se situe actuellement autour de 3,6 %. Une baisse des taux se traduirait par des emprunts moins chers pour les particuliers et les entreprises, mais son impact réel dépendra également des conditions des marchés financiers.
L’impact de la décision récente de la Cour suprême d’annuler une partie des tarifs douaniers imposés par l’administration Trump devrait être limité sur l’économie et l’inflation, selon Waller. Il a reconnu que cette décision pourrait stimuler les dépenses et les investissements, mais a souligné l’incertitude quant à l’ampleur et à la durée de cet effet. De plus, l’administration actuelle cherche à réimposer ces tarifs par d’autres moyens, ce qui ajoute à l’instabilité.
L’économie américaine affiche une croissance solide, mais le marché du travail reste paradoxalement faible. Waller a exprimé son étonnement face à cette situation, soulignant qu’il s’agit d’une première dans sa carrière. Il a suggéré que des gains de productivité, liés aux changements induits par la pandémie, pourraient expliquer cette contradiction.
Les commentaires de Waller interviennent après une attaque de Donald Trump contre la Fed vendredi dernier, suite à la publication de chiffres montrant un ralentissement de la croissance économique au dernier trimestre de 2025, à 1,4 % contre 4,4 % au trimestre précédent. Trump a réclamé une baisse immédiate des taux d’intérêt et a critiqué le président de la Fed, Jerome Powell, qu’il surnomme « Too Late ».
