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FBI bloquait enquête sur mort de Renee Good pour protéger Trump

L’enquête sur la mort de Renee Good étouffée par l’administration Trump, révèle le New York Times

Minneapolis, Minnesota – L’enquête fédérale sur la mort de Renee Good, abattue par un agent de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) à Seattle en janvier 2023, a été intentionnellement sabotée par l’administration Trump, selon une enquête approfondie du New York Times publiée samedi. L’article révèle que le directeur du FBI à l’époque, Kash Patel, aurait personnellement ordonné aux procureurs locaux de cesser les investigations, craignant que leurs conclusions ne contredisent la version des faits présentée par l’ancien président Donald Trump.

La tension est née après qu’un procureur fédéral du Minnesota, Joseph H. Thompson, ait cherché à obtenir un mandat de perquisition pour examiner le véhicule de Mme Good dans le cadre d’une enquête sur l’usage de la force par l’agent Jonathan Ross. Thompson anticipait une enquête standard sur les droits civiques, en collaboration avec le Bureau d’enquête criminel du Minnesota, spécialisé dans les enquêtes sur les tirs de police.

Cependant, alors que l’équipe, incluant des agents du FBI, s’apprêtait à documenter les preuves sur les lieux, ils ont reçu l’ordre d’arrêter leurs opérations. Selon le New York Times, des responsables du ministère de la Justice ont ensuite suggéré de réorienter l’enquête, non pas sur les actions de l’agent Ross, mais sur la victime elle-même. Ils ont proposé d’ouvrir une enquête criminelle pour déterminer si Mme Good avait agressé l’agent ICE, et ont même envisagé d’enquêter sur son partenaire, présent lors de l’incident.

Ces propositions ont été rejetées par les procureurs fédéraux de carrière à Minneapolis, dont Thompson, qui les ont jugées juridiquement douteuses et potentiellement inflammatoires, particulièrement dans un contexte de colère croissante face aux politiques d’immigration de l’administration Trump.

Le New York Times rapporte que Thompson et cinq autres procureurs ont démissionné en signe de protestation, entraînant un exode massif au sein du bureau du procureur américain du Minnesota. Ce départ a privé le bureau de ses principaux experts dans les enquêtes sur la fraude aux programmes sociaux de l’État, des enquêtes que la Maison Blanche avait précédemment utilisées pour justifier une répression accrue de l’immigration.

L’enquête du New York Times s’appuie sur des entretiens avec une douzaine de sources en Minnesota et à Washington D.C. Ni le porte-parole du FBI, Cindy Burnham, ni le procureur américain Daniel N. Rosen n’ont souhaité commenter l’affaire. La porte-parole du ministère de la Justice, Emily Covington, n’a pas répondu aux demandes de commentaires.

L’affaire Good, qui a suscité des manifestations et des appels à la justice, met en lumière les tensions persistantes autour de l’application de la loi en matière d’immigration et les accusations de politisation des enquêtes fédérales. Selon les données du Mapping Police Violence, plus de 1 100 personnes ont été tuées par des policiers aux États-Unis en 2023, et les personnes de couleur sont disproportionnellement touchées par la violence policière. L’incident de Seattle s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations concernant la responsabilité des forces de l’ordre et la protection des droits civils.

L’étouffement de l’enquête sur la mort de Renee Good soulève des questions fondamentales sur l’indépendance du système judiciaire et l’influence politique sur les enquêtes criminelles. L’affaire continue de susciter l’indignation et appelle à une transparence totale et à une enquête impartiale.

Image de la veillée pour Renee Nicole Good

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