Moins de deux semaines avant les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, la diffusion d’une vidéo montrant des évêques catholiques priant dans le Bureau ovale pour le président Donald Trump a provoqué de vives critiques au sein du clergé, certains participants déplorant une exploitation politique de leur démarche.
La diffusion d’une prière dans le Bureau ovale à l’approche du scrutin
Une rencontre organisée à la Maison Blanche le jeudi 22 octobre 2026 a rapidement pris une tournure inattendue. Ce jour-là, l’archevêque de Denver James Golka et une douzaine d’autres prélats ont participé à une réunion axée sur l’immigration, les visas de travailleurs religieux, l’avortement et les crédits d’impôt fédéraux pour les écoles privées, selon les précisions apportées par l’archevêque de Milwaukee Jeffrey Grob et l’évêque de Des Moines William Joensen.
Peu après, la campagne de Donald Trump et la conseillère en communication de la Maison Blanche Margo Martin ont publié une vidéo sur les réseaux sociaux. Sur ces images, plusieurs évêques entourent le président assis, certains posant la main sur son épaule dans un geste de bénédiction, tandis que l’archevêque Golka dirige la prière.

« Des archevêques et des évêques catholiques prient avec le président Trump dans le Bureau ovale ❤️ », a déclaré Margo Martin selon Ncronline.
La séquence a été diffusée à peine douze jours avant les élections de mi-mandat prévues le 3 novembre 2026. Un sondage du Pew Research Center publié en octobre indique alors que 42 % des électeurs catholiques inscrits penchent pour les candidats démocrates à la Chambre des représentants, contre 39 % pour les républicains, tandis que 19 % restent indécis ou soutiennent un autre candidat.
Des évêques regrettent une instrumentalisation partisane
Face à la diffusion rapide de ces images, plusieurs participants ont exprimé leur désapprobation face à ce qu’ils considèrent comme une manipulation de leur démarche spirituelle. L’archevêque Jeffrey Grob a publié une déclaration intitulée A Public Apology
pour répondre aux nombreuses questions et réactions d’inquiétude reçues de fidèles troublés.
Jeffrey Grob a déclaré selon Yahoo : « Je ressens une profonde tristesse, non seulement à cause de la douleur que j’ai provoquée, mais aussi parce que quelque chose de si sacré pour un groupe de dirigeants religieux, la prière adressée à notre Père céleste, a été manipulé de cette manière. »
L’archevêque a précisé que la réunion devait initialement se tenir à huis clos, avec la possible apparition de membres catholiques du cabinet présidentiel et un temps de prière privée. Il a souligné que les participants n’avaient donné aucun accord pour la publication de photos et de vidéos, déplorant que cet événement survienne à un moment aussi sensible du calendrier électoral.
William Joensen a déclaré selon Yahoo : « Je souhaite avoir été plus avisé et moins naïf, à l’image de ceux qui ont exploité notre réunion à des fins politiques partisanes. Je prie pour être plus prudent et sage à l’avenir, tout en restant résolu dans mon ouverture à m’engager auprès des dirigeants politiques de tous niveaux et à prier pour eux. »
De son côté, interrogée sur l’absence ou non de consentement des évêques pour la diffusion des images, la porte-parole de la Maison Blanche Taylor Rogers s’est abstenue de répondre directement, déclarant par ailleurs qu’il n’y a jamais eu de plus grand président pour les Américains catholiques que le président Trump, et son bilan solide le prouve
.
La réaction de la hiérarchie catholique et les analyses universitaires
La Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) a tenu à marquer ses distances avec l’événement. Sa porte-parole, Chieko Noguchi, a affirmé au National Catholic Reporter que cette initiative n’était en aucun cas organisée ni affiliée à la Conférence. Cette prise de distance fait écho à une mise en garde formulée plus tôt par l’archevêque Paul Coakley d’Oklahoma City, président de l’USCCB, qui avait rappelé aux catholiques la nécessité de placer leur foi au-dessus de la politique et de juger les candidats selon le bien commun.
Massimo Faggioli, professeur de théologie historique à l’université Villanova, a estimé que l’apparition de ces prélats aux côtés de Donald Trump envoyait un signal inopportun en période électorale, jugeant la situation d’autant plus délicate en raison des tensions passées entre l’administration et le Vatican.
Massimo Faggioli a déclaré selon Ncronline : « Il s’agit clairement d’une tentative de détourner le message émanant des dirigeants de l’USCCB et des évêques principaux de la conférence qui ont envoyé des messages affirmant que nous ne devrions pas paraître partisans et que nous ne devons pas diffuser des messages qui politisent indûment notre position. »
Alors que certains membres de l'épiscopat affichent des positions plus proches de l'administration, à l'image de l'évêque Robert Barron qui siège au sein de la Commission de la liberté religieuse, l'épisode révèle les sensibilités politiques diverses qui traversent l'Église catholique américaine à l'approche des urnes.
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