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EUR/USD : Chute libre et perspectives baissières

by Sophie Bernard

L’euro en chute libre face à un dollar renforcé par les tensions géopolitiques et la crise énergétique

Paris – L’euro continue de perdre du terrain face au dollar américain, atteignant son plus bas niveau depuis août 2025, une tendance accentuée par les tensions persistantes au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie. La paire EUR/USD a atteint un minimum de 1,1411 vendredi dernier avant un léger rebond à 1,1500 lundi, un mouvement perçu par les analystes comme une correction temporaire au sein d’une structure baissière bien établie.

Depuis le sommet de l’année, atteint en février à 1,2080, l’euro a chuté de plus de 5,3%, enregistrant sa plus forte baisse hebdomadaire depuis avril 2024. Cette dépréciation est alimentée par une combinaison de facteurs techniques et fondamentaux, selon une analyse de TradingNEWS.com.

Un contexte technique défavorable

Sur le plan technique, l’euro a franchi plusieurs seuils critiques. Il est passé sous la moyenne mobile sur 52 semaines, a rompu la ligne de tendance haussière qui reliait les points bas depuis août dernier, et se négocie désormais en dessous des moyennes mobiles exponentielles sur 50 et 200 jours – une configuration interprétée comme un signal de changement de momentum. Les indicateurs techniques, tels que le RSI et l’oscillateur de prix en pourcentage, affichent également leurs niveaux les plus bas depuis plus d’un an. La formation d’une "croix de la mort" – où la moyenne mobile sur 50 jours croise à la baisse la moyenne mobile sur 200 jours – renforce ce signal baissier.

L’énergie, principal moteur de la dépréciation

Le lien entre les prix du pétrole et le taux de change EUR/USD est direct. Selon une analyse de Barclays, l’euro perd en moyenne 0,5% pour chaque augmentation de 10% du prix du pétrole. Avec le Brent qui a grimpé de plus de 42% depuis le début des tensions en Iran fin février, atteignant 106,50 dollars le baril avant de revenir à 101-102 dollars lundi, l’impact sur l’euro est significatif. L’augmentation du prix du gaz naturel, qui a doublé, accentue encore cette pression baissière.

L’Europe est particulièrement vulnérable à ces chocs énergétiques, étant donné sa forte dépendance aux importations et l’intensité énergétique de son industrie. Les difficultés rencontrées par des entreprises comme Volkswagen, qui a annoncé 50 000 suppressions d’emplois en raison de la hausse des coûts de l’énergie, illustrent l’impact réel sur l’économie européenne.

Le dollar, valeur refuge en temps de crise

Parallèlement à la pression énergétique, la demande de dollars américains comme valeur refuge s’intensifie en raison des incertitudes géopolitiques. L’indice du dollar (DXY) a brièvement dépassé les 100 vendredi avant de reculer légèrement lundi, mais la tendance générale reste à la hausse. Les capitaux fuient les actifs en euros, yens et devises des marchés émergents pour se réfugier dans le dollar, ce qui exerce une pression supplémentaire sur l’euro.

Perspectives à court et moyen terme

Les analystes s’accordent à dire que le dollar restera fort à court terme. Les niveaux de support clés pour l’euro se situent à 1,1355-1,1394 et 1,1276. Une cassure décisive de ces niveaux pourrait signaler un approfondissement de la tendance baissière, avec un potentiel jusqu’à 1,1164. À l’inverse, l’euro devra franchir les résistances à 1,1497 et 1,1598 pour signaler un retournement de tendance.

La réunion de la Réserve fédérale américaine mercredi et celle de la Banque centrale européenne jeudi seront cruciales. Si la Fed maintient ses taux inchangés, mais signale une possibilité de hausse plus tard dans l’année, cela renforcerait encore le dollar. La BCE, quant à elle, est confrontée à un dilemme complexe, car une hausse des taux pourrait aggraver le ralentissement économique en Europe.

Les prévisions institutionnelles convergent vers une faiblesse continue de l’euro à court terme. Danske Bank a même adopté une position vendeuse sur l’euro, avec un objectif de 1,1200. MUFG s’attend également à une baisse à 1,1300. Nordea, plus optimiste, prévoit un rebond à 1,2200 d’ici la fin de 2026, mais souligne que cela dépendra d’une résolution de la crise au Moyen-Orient et d’une baisse des prix de l’énergie.

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