Des chercheurs explorant des tunnels de lave à Lanzarote, dans les Canaries, ont découvert des colonies microbiennes et des dépôts de sulfates préservés dans cet environnement basaltique stable. Cette étude menée par Bogdan Onac offre de nouvelles pistes cruciales pour l’astrobiologie et la recherche de biosignatures sur Mars.
Les éruptions volcaniques qui ont façonné l’île de Lanzarote, dans l’archipel des Canaries, ont laissé derrière elles un vaste réseau de tunnels souterrains serpentant à travers le sous-sol basaltique. Si certains tubes volcaniques, tels que la Cueva de los Verdes, accueillent des touristes ou servent parfois de salles de concert, un dédale de ces conduits a récemment attiré l’attention d’une équipe de chercheurs. Loin des promenades récréatives, les scientifiques ont exploré ces structures pour caractériser leur minéralogie et y traquer d’éventuels micro-organismes.
Les tunnels de lave de Lanzarote et la préservation microbienne
Ces tunnels se forment lorsque la surface d’une coulée de lave se solidifie au contact de l’air tandis que son cœur reste fluide. Une fois l’éruption terminée et la roche en fusion évacuée, ces conduits se vident et laissent de vastes passages sous une enveloppe de basalte. Selon une étude publiée dans la revue Communications Earth and Environment, ces environnements souterrains se révèlent particulièrement stables et protecteurs, permettant une préservation remarquable des minéraux et de la matière organique.
Les prélèvements effectués sur place ont mis en évidence des colonies microbiennes actives associées à des dépôts de sulfates de calcium et de sodium. Cette cohabitation indique que ces cavités abritent des micro-organismes depuis de longues périodes, trouvant dans ces minéraux une source de subsistance durable. Bogdan Onac, professeur à l’USF School of Geosciences et auteur principal de ces travaux, souligne la portée de ces observations.
Cette étude implémente notre compréhension de l’évolution géologique et environnementale de la Terre et met en lumière le fait que les tunnels de lave peuvent représenter un refuge pour la vie microbienne.
Bogdan Onac, professeur à l’USF School of Geosciences et auteur de cette étude
Implications pour l’astrobiologie et la recherche de vie sur Mars
Ces découvertes terrestres résonnent directement avec l’exploration de la Planète rouge. Mars possède en effet de nombreux tunnels de lave similaires à ceux observés sur Terre ou sur d’autres corps du Système solaire comme Vénus et la Lune, qui portent les traces d’une intense activité volcanique passée. La surface martienne, dépourvue d’une atmosphère protectrice épaisse, subit des radiations solaires intenses et des températures extrêmes qui compromettent grandement la survie et la préservation de la matière organique à l’air libre.
En profondeur, en revanche, les tubes de lave basaltiques offrent un abri stable contre ces radiations nocives. Pour l’astrobiologie, l’analogie avec Lanzarote change la donne. La présence probable de minéraux riches en sulfates dans les structures souterraines martiennes — des composés que certaines bactéries terrestres exploitent pour métaboliser et survivre — suggère que les futures recherches d’indices biologiques sur Mars devraient cibler en priorité ces cavités cachées.
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