États-Unis : interdiction de DeepSeek dans les systèmes fédéraux

Le gouvernement américain a formellement exclu la startup chinoise DeepSeek et ses services tiers des systèmes informatiques fédéraux civils. L’ordre du Département de la sécurité intérieure, émanant d’une directive initiale signée le 24 juillet et publiée au registre fédéral en octobre 2026, cite des risques d’exposition de données sensibles et de multiples vecteurs de menace vers la Chine.

Un coût de formation de six millions de dollars face aux craintes sécuritaires de Washington

La fulgurante ascension de DeepSeek sur le marché mondial de l’intelligence artificielle a bouleversé les équilibres technologiques établis. L’entreprise a affirmé que l’entraînement de son modèle initial avait nécessité environ 6 millions de dollars, un montant spectaculairement inférieur aux estimations de 100 millions de dollars associées à la conception du modèle GPT-4 d’OpenAI, d’après les notes rapportées par Oneindia.

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Cette efficacité économique, couplée à une tarification de l’API nettement inférieure aux solutions proposées par des acteurs comme Google, Anthropic ou OpenAI, a rapidement séduit plusieurs entreprises technologiques américaines. Des plateformes telles que Snowflake, Vercel et OpenRouter ont ainsi intégré des modèles DeepSeek dans leurs propres offres.

Mais cette démocratisation rapide a provoqué des réactions drastiques de la part des autorités fédérales. Le Département de la sécurité intérieure (DHS) a ordonné aux agences civiles de retirer les modèles et services associés de leurs parcs informatiques, interdisant par la même occasion tout achat futur. Selon le texte officiel, l’utilisation de ces technologies présente de multiples vecteurs de menace et expose potentiellement les réseaux fédéraux à des logiciels malveillants ou à des collectes de renseignements au profit de Pékin.

États-Unis : interdiction de DeepSeek dans les systèmes fédéraux
Photo : ksat.com

Entre distillation de modèles et craintes de fuites de données confidentielles

Au-delà de la localisation des serveurs en territoire chinois, les régulateurs et les laboratoires de recherche américains pointent des pratiques de grande envergure. Des entreprises comme OpenAI et Anthropic ont documenté ce qu’elles qualifient de distillation à l’échelle industrielle, une technique consistant à extraire les capacités de modèles occidentaux de pointe pour alimenter de nouvelles architectures, d’après les analyses reprises par Note.

Pour les observateurs de la sécurité informatique, le problème dépasse la simple question tarifaire. La société de sécurité mobile NowSecure avait déjà signalé en février 2025 des failles de chiffrement sur l’application iOS de DeepSeek, transmettant des informations d’identification d’appareils vers des services cloud affiliés à ByteDance.

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Pékin a vivement rejeté ces mesures de rétorsion. Interrogée à ce sujet, Mao Ning a déclaré que la Chine « défendra résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises » tout en affirmant que « la Chine s’oppose constamment à l’extension excessive du concept de sécurité nationale », selon Ksat.

Une riposte de Pékin et des tensions géopolitiques persistantes avant le sommet de l’APEC

Le ministère chinois du Commerce a exprimé son opposition ferme, accusant Washington d’ignorer le consensus établi entre le président Xi Jinping et le président Donald Trump. Le communiqué officiel dénonce des restrictions discriminatoires prises sous le couvert de la sécurité nationale pour freiner l’essor technologique chinois, tout en avertissant que le gouvernement de Pékin suivra l’évolution de la situation de près.

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George Chen a estimé que ces interdictions successives reflètent la profondeur de la défiance stratégique entre Pékin et Washington en dépit des efforts diplomatiques pour maintenir des relations constructives entre les dirigeants des deux superpuissances.

L’intelligence artificielle devrait figurer en bonne place à l’agenda des discussions lorsque les présidents américain et chinois se rencontreront à la mi-novembre en marge du sommet de l’APEC à Shenzhen. En attendant cette échéance, l’escalade réglementaire se poursuit aux États-Unis, où d’autres instances fédérales, à l’instar de la Commission fédérale des communications (FCC), s’apprêtent à durcir les contrôles sur les équipements d’origine chinoise.

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