Les États-Unis et l’Arabie saoudite ont signé le 22 juillet 2026 un accord historique de trente ans sur le nucléaire civil. Le texte autorise le royaume à enrichir de l’uranium, suscitant de vives inquiétudes au Congrès américain et en Israël face aux risques de prolifération dans la région.
L’administration américaine de Donald Trump a conclu un partenariat de plusieurs décennies avec Riyad visant à développer les infrastructures énergétiques saoudiennes, comme l’ont rapporté plusieurs médias internationaux.
Les détails techniques et l’absence du protocole de l’AIEA
Contrairement aux négociations menées sous les administrations précédentes, le texte final ne contient pas d’obligation stricte concernant les inspections internationales. Selon Deutschlandfunk, l’accord ne comprend pas le protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA), un mécanisme censé offrir des possibilités poussées de surveillance et de contrôles inopinés pour prévenir tout détournement militaire.

Pour le royaume, premier exportateur mondial de pétrole, cette démarche s’inscrit officiellement dans une politique de diversification de ses ressources énergétiques afin d’exporter davantage de brut. Toutefois, selon les précisions apportées par courrierinternational.com, l’accès à l’enrichissement d’uranium ou au retraitement du plutonium sur le sol saoudien sera conditionné à l’issue d’une étude conjointe sur la viabilité économique.
Tensions géopolitiques et réactions d’experts en Europe et aux États-Unis
Guido Steinberg, expert du Moyen-Orient auprès de la Fondation Science et Politique (Stiftung Wissenschaft und Politik), a qualifié cette décision de Katastrophe für die Nicht-Verbreitung
au micro de Deutschlandfunk, estimant que Riyad s’assurait ainsi des failles pour maintenir entrouverte la porte vers le nucléaire militaire.
De son côté, l’analyste Frank Sauer, interrogé par n-tv.de, avertit que, à moyen terme, un programme saoudien d’enrichissement de l’uranium – ainsi que le statut de pays potentiellement doté d’armes nucléaires qui y est associé – présente naturellement un potentiel de conflit considérable.
Marco Rubio, Secrétaire d’État américain, a déclaré via Deutschlandfunk que les États-Unis ne concluraient d’accord avec aucun pays au monde qui créerait un risque de prolifération nucléaire.
Face aux critiques, le chef de la diplomatie américaine a tenté de rassurer la communauté internationale. br.de rapporte que le gouvernement américain rejette l’idée d’un danger de prolifération, tandis que SWR souligne que l’absence d’inspections onusiennes rigoureuses est compensée dans l’esprit de Washington par des mécanismes de contrôle bilatéraux.
Le retournement de Trump sur les accords d’Abraham et l’inquiétude en Israël
La situation diplomatique s’est encore complexifiée lorsque le président américain a publié sur sa plateforme Truth Social de nouvelles exigences, rapportées par tagesschau.de. Donald Trump a affirmé que l’application de l’accord serait subordonnée à l’adhésion de Riyad aux accords d’Abraham et à une normalisation des relations avec Israël.
Le sénateur démocrate Chris van Hollen a déclaré sur CNN, cité par tagesschau.de, qu’il s’attendait à ce que l’Arabie saoudite maintienne sa position historique, ajoutant que l’Arabie saoudite n’avait jusqu’à présent signalé aucun changement de cette position, mais que cela restait à voir, tout en insistant sur le fait qu’un État palestinien viable reste un préalable indispensable pour Riyad.

En Israël, ce pacte est perçu avec une extrême circonspection. Selon la correspondance de rfi.fr depuis Jérusalem, l’État hébreu se retrouve pris au dépourvu, l’administration américaine ayant totalement dissocié le pacte nucléaire de toute obligation préalable de reconnaissance mutuelle. Interrogé par n-tv.de, Frank Sauer rappelle la doctrine historique du pays : face à la menace d’un État frontalier cherchant à se doter de l’arme atomique, une action militaire préventive unilatérale reste une option envisageable pour Tel-Aviv.
L’avenir du texte devant le Congrès américain
L’accord doit à présent franchir l’étape incontournable du Congrès américain. Les législateurs disposent d’un délai constitutionnel de quatre-vingt-dix jours pour examiner le dossier, d’après les précisions de tagesschau.de. De nombreux élus démocrates et républicains dénoncent le manque de transparence de la Maison Blanche et l’opacité des clauses techniques.
La question de la prolifération régionale reste entière, d’autant que le quotidien DIE ZEIT rappelle que le prince héritier Mohammed bin Salmane avait par le passé affirmé explicitement que son pays chercherait à acquérir l’arme nucléaire si Téhéran franchissait ce pas. Alors que le texte est transmis aux parlementaires pour examen, l’avenir de la stabilité nucléaire au Proche-Orient dépendra de la solidité des garanties exigées à Washington.
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