Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute l’Espagne pour dénoncer la gestion par le gouvernement de Pedro Sánchez de la crise migratoire à Ceuta, marquée par l’arrivée de plus de 72 000 migrants fin juillet et le maintien de milliers d’entre eux dans l’enclave nord-africaine.
Une marée humaine dans les rues d’Espagne face à la crise de Ceuta
Les tensions liées à la crise migratoire de l’enclave nord-africaine ont totalement éclipsé la date du 2 septembre, habituellement réservée aux célébrations officielles de Ceuta. Au lieu des festivités habituelles, des dizaines de milliers de manifestants ont convergé vers les rues à travers le pays pour réclamer des solutions concrètes et exprimer leur colère contre la gestion de l’exécutif de Madrid, comme le détaille l’agence Associated Press.
À Madrid, les autorités ont dénombré environ 50 000 manifestants. Des rassemblements d’ampleur similaire se sont tenus à Barcelone, Valence et Séville, tandis que des slogans hostiles visaient directement le chef du gouvernement, réclamant Sánchez to prison
et qualifiant les migrants encore présents d’envahisseurs selon le rapport de l’agence de presse. L’appel à ces rassemblements avait été lancé par la Fédération espagnole des municipalités et des provinces, avec un fort soutien de l’opposition conservatrice et d’extrême droite.
Affrontements et tensions sécuritaires un mois après la bousculade frontale
La situation sécuritaire sur place reste particulièrement fragile, un mois après l’afflux massif qui a vu au moins 72 000 personnes traverser la frontière entre le 30 et le 31 juillet. Si la grande majorité est rapidement rentrée au Maroc, environ 5 000 migrants, dont 1 200 mineurs, demeurent bloqués dans l’enclave, dormant dans des camps de fortune ou sur la plage d’El Trampolin d’après les données de l’Associated Press.

La contestation locale a dégénéré en heurts violents. Le rapport de l’agence de presse rapporte que des manifestations ont provoqué des échauffourées lorsque la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour éviter les confrontations avec les campeurs de la plage. Peu après, dans la nuit, un véhicule militaire transportant quatre soldats a été pris à partie par un groupe d’environ 70 migrants armés de pierres. Un militaire a été blessé et douze ressortissants marocains ont été interpellés par les forces de l’ordre.
La tension dans la ville de Ceuta est très forte parce qu’il n’y a pas de réponse de la part du gouvernement et nous nous sentons abandonnés. Kissy Chandiramani, conseillère aux finances de la ville autonome, citée par SER
Accusations géopolitiques et riposte financière de Madrid
Face aux critiques de l’opposition qui accuse Rabat d’avoir permis le passage et qualifie la situation d’invasion
, le Premier ministre Pedro Sánchez a catégoriquement disculpé les autorités marocaines.

Ces allégations ont été rejetées par Moscou. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a balayé ces accusations en déclarant qu’
Pour tenter d’apaiser la situation, le cabinet ministériel a approuvé le déblocage de fonds d’urgence.
Pour aller plus loin