Home InternationalEpstein : Visas et mariages pour son réseau

Epstein : Visas et mariages pour son réseau

Epstein utilisait visas, mariages de façade pour son réseau de trafic sexuel, révèlent des documents

WASHINGTON (AP) – Des documents récemment déclassifiés du ministère américain de la Justice révèlent l’étendue des efforts déployés par Jeffrey Epstein pour faciliter l’immigration de femmes qui faisaient partie de son réseau de trafic sexuel. L’enquête, qui s’appuie sur des courriels, des relevés bancaires et des correspondances juridiques, met en lumière un système sophistiqué impliquant des visas étudiants, des écoles de langues, des permis de travail et même des mariages arrangés pour assurer le maintien du statut migratoire de ces femmes.

L’affaire Epstein, qui s’est terminée par sa mort en prison en 2019, continue de susciter l’indignation et de soulever des questions sur les complicités et les failles du système d’immigration américain. Ces nouveaux documents, publiés par le Times of India, offrent un aperçu inédit des mécanismes utilisés par Epstein pour contourner les lois et contrôler ses victimes.

Un réseau d’immigration orchestré

Les documents montrent qu’Epstein et ses associés utilisaient une variété de stratégies pour amener des femmes aux États-Unis. L’inscription à des programmes d’anglais était une méthode courante, permettant d’obtenir des visas étudiants. Epstein finançait souvent les frais de scolarité et les dépenses de ces femmes, comme le démontrent les relevés bancaires consultés par les enquêteurs.

En 2017, Epstein a écrit à un associé concernant une femme souhaitant rejoindre l’American Language Communication Center à Paris : “Obtenez un I-20 et un visa. Elle est russe mais séjourne à Paris.” Des courriels révèlent également des demandes répétées de manuels de préparation au TOEFL, un examen requis pour l’admission dans de nombreuses universités américaines, envoyés à son domicile sur l’île privée et à son appartement parisien.

Des mariages arrangés pour obtenir la résidence permanente

Dans certains cas, Epstein a eu recours à des mariages de façade pour permettre à des femmes d’obtenir la résidence permanente et la citoyenneté américaine. L’affaire de Karyna Shuliak, originaire de Biélorussie, illustre parfaitement cette pratique.

Shuliak a d’abord été admise à l’école de dentisterie de Columbia University en 2011, mais a rencontré des difficultés avec son visa étudiant. Epstein a alors sollicité l’aide d’investisseurs britanniques, dont Ian Osborne, qui a mentionné un avocat spécialisé en immigration lié à Greg Craig, ancien conseiller juridique de Barack Obama, et à Ali Mayorkas, qui deviendra plus tard secrétaire à la Sécurité intérieure sous l’administration Biden. Bien qu’il n’y ait aucune preuve que Mayorkas ait été au courant des agissements d’Epstein, cet échange souligne les liens étroits que l’accusé entretenait avec des personnalités influentes.

Finalement, Shuliak a épousé une femme dont le nom a été censuré dans les documents, partageant le même domicile que d’autres femmes liées à Epstein. Elle a obtenu sa carte verte en 2015 et est devenue citoyenne américaine en 2018.

Des visas de travail et des connexions suspectes

Les documents révèlent également des tentatives d’obtenir des visas de travail pour des femmes associées à Epstein. Son conseiller juridique, Darren Indyke, a déposé une demande de visa pour une femme en invoquant son travail bénévole pour la fondation Epstein et sa carrière de mannequin. D’autres demandes de visas O-1, réservés aux personnes ayant des compétences exceptionnelles, ont été soumises, décrivant les candidates comme des expertes en modélisme, en relations publiques et en curation d’art.

Un ancien comptable de l’agence de mannequins MC2 Model Management a témoigné sous serment qu’Epstein avait garanti une ligne de crédit d’un million de dollars à l’agence, dont le fondateur, Jean-Luc Brunel, était accusé d’avoir recruté des mineures pour Epstein. Brunel est décédé en 2022 alors qu’il était confronté à des accusations de viol.

Un impact sur la politique d’immigration et la lutte contre la traite des êtres humains

Cette affaire soulève des questions cruciales sur la sécurité des frontières et la vulnérabilité du système d’immigration américain à l’exploitation par des criminels. Selon les Nations Unies, la traite des êtres humains est un problème mondial qui affecte des millions de personnes chaque année, avec une majorité de victimes étant des femmes et des filles.

Les documents déclassifiés pourraient conduire à de nouvelles enquêtes et à des réformes des politiques d’immigration afin de prévenir de tels abus à l’avenir. Ils rappellent également l’importance d’une vigilance accrue et d’une coopération internationale pour lutter contre la traite des êtres humains et protéger les victimes.

Image de Jeffrey Epstein
(Photo AP)

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.