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Épidémie d’Ebola en RDC et Ouganda : 900 cas, hors de contrôle

by Camille Laurent - Santé
Une propagation rapide dans un contexte de conflit

L’épidémie de maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo, continue de progresser en République démocratique du Congo et en Ouganda, totalisant près de 900 cas confirmés. Malgré les efforts de mobilisation internationale, les autorités sanitaires alertent sur une situation qui reste, au 19 juin 2026, largement hors de contrôle.

Une propagation rapide dans un contexte de conflit

La situation épidémiologique dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda se dégrade rapidement. Selon le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies, le nombre de cas identifiés a atteint 894, tandis que le gouvernement congolais fait état de 896 cas, incluant 232 décès. Cette progression représente une hausse de 38 % des infections confirmées en seulement une semaine.

Le virus, identifié comme étant la variante Bundibugyo, a franchi les frontières pour atteindre l’Ouganda, où 19 cas et deux décès ont déjà été recensés. Cette souche, découverte pour la première fois en 2007 dans le district ougandais de Bundibugyo, est considérée comme moins létale que la variante Zaïre — avec un taux de mortalité historique d’environ 25 % contre 80 % pour cette dernière — mais elle pose des défis logistiques et médicaux majeurs, comme l’explique Gezondheid en Wetenschap.

L’échec du suivi des contacts comme obstacle majeur

L’une des difficultés les plus critiques réside dans l’identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades. Les autorités estiment qu’entre 17 000 et 35 000 individus devraient figurer sur les listes de surveillance, mais seuls 4 000 contacts ont été tracés à ce jour, soit moins de 15 % de la cible nécessaire pour stopper la chaîne de transmission.

L'échec du suivi des contacts comme obstacle majeur
Photo: gezondheidenwetenschap.be

For more on this story, see RDC et Ouganda : épidémie d’Ebola en alerte, 471 cas confirmés.

"Er zouden tussen de 17.000 en 35.000 contacten in onze contactlijst moeten staan.

Le Dr Wessam Mankoula a souligné la gravité de la situation en déclarant : "De uitbraak is nog verre van onder controle." Cette inefficacité est exacerbée par l’instabilité politique et les conflits armés dans les provinces d’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les populations déplacées, combinées à des infrastructures routières précaires et à une forte densité forestière, rendent le travail des équipes de terrain extrêmement périlleux.

Absence de vaccins et défis diagnostiques

Contrairement aux épidémies causées par le virus Ebola-Zaïre, pour lesquelles des vaccins et des traitements validés existent, la variante Bundibugyo ne bénéficie pas de protocoles thérapeutiques standardisés. Les vaccins actuellement disponibles ne sont pas efficaces contre cette souche spécifique, et il n’existe pas encore de test rapide suffisamment fiable pour dépister les cas suspects sur le terrain.

Africa CDC Special Emergency Briefing: Ebola (Bundibugyo) Outbreak Update || May 23, 2026

La méfiance envers les intervenants humanitaires, alimentée par la désinformation, complique davantage les efforts de santé publique. Les autorités sanitaires notent que dans les zones touchées, les retards de diagnostic — qui peuvent atteindre jusqu’à trois mois après l’émergence des premiers symptômes — permettent au virus de circuler plus largement avant d’être contenu.

La réponse financière internationale

Face à l’ampleur de la crise, la mobilisation financière s’intensifie pour soutenir les systèmes de santé locaux et financer la recherche. Le 15 mai 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement déclaré une urgence de santé publique de portée internationale.

La réponse financière internationale

This follows our earlier report, RDC : 80 morts confirmés dans une épidémie d’Ebola sous surveillance mondiale.

  • Union européenne : 493 millions d’euros destinés au soutien médical, à la recherche vaccinale et au renforcement des systèmes de santé.
  • États-Unis : Environ 90 millions d’euros alloués par le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
  • Union africaine : Près de 80 millions d’euros mobilisés pour la réponse régionale.

Ces fonds sont cruciaux pour tenter de stabiliser la situation. Cependant, tant que l’accès aux zones de conflit restera restreint, les experts craignent que l’épidémie ne continue de s’étendre. Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer si la stratégie de déploiement des ressources pourra surmonter les obstacles géographiques et sociaux qui entravent actuellement la lutte contre le virus.

Il est conseillé de consulter les autorités sanitaires locales ou votre médecin traitant pour toute information relative aux voyages ou aux risques de santé dans les régions touchées.

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