Edward Furlong, de la gloire de “Terminator 2” aux tourments d’une suite oubliée
LOS ANGELES (AP) – Le visage juvénile et le regard intense d’Edward Furlong ont marqué à jamais le cinéma. En 1991, à seulement 13 ans, l’acteur inconnu incarnait John Connor dans “Terminator 2 : Le Jugement dernier”, un rôle qui le propulsait instantanément au rang de star. Pourtant, la trajectoire de Furlong, après ce triomphe retentissant, fut loin d’être un long fleuve tranquille, jalonnée de difficultés personnelles et de choix de carrière discutables, dont un passage remarqué dans une suite peu glorieuse de “Simetierre”.
“Terminator 2”, réalisé par James Cameron, a engrangé un succès colossal, rapportant plus de 515 millions de dollars au box-office mondial, selon The Numbers. Le film est aujourd’hui considéré comme un pilier du genre action et le meilleur de la saga “Terminator”. Cameron lui-même a raconté dans le documentaire “T2: Reprogramming the Terminator” (disponible sur YouTube, lien à insérer ici si pertinent) comment la directrice de casting Mali Finn avait déniché Furlong dans un club pour jeunes, loin des circuits habituels des agences. “Il n’était pas représenté par une agence, elle l’a littéralement trouvé en cherchant des talents bruts et inexpérimentés”, expliquait le réalisateur.
Furlong, qui n’avait jamais joué auparavant, s’est révélé être une révélation. Sa performance, à la fois fragile et déterminée, a captivé le public. Mais le succès fulgurant a eu un prix. L’acteur, propulsé sur le devant de la scène, s’est retrouvé rapidement dépassé par la célébrité et les pressions qui l’accompagnaient.
En 1992, un an après “Terminator 2”, Furlong a accepté un rôle dans “Simetierre 2”, une suite du film d’horreur de 1989 basé sur le roman éponyme de Stephen King. Le film, réalisé par Mary Lambert, a été un échec critique et commercial, ne rapportant que 17,1 millions de dollars pour un budget de 8 millions. Les critiques ont été impitoyables, qualifiant le film de “gore gratuit” et de remake inutile de l’original.
Pourtant, selon Tony Bill, réalisateur du film “A Home of Our Own” dans lequel Furlong a également joué, ce choix n’était pas de la faute de l’acteur. Dans une lettre à l’agent de Furlong en 1993, Bill écrivait : “Eddie Furlong n’a pas choisi les films, les films l’ont choisi et cela a eu de lourdes conséquences.”
En effet, l’année 1992 fut particulièrement tumultueuse pour Furlong. Un rapport publié par Entertainment Weekly en 1994 révélait que l’acteur était pris dans une bataille juridique entre ses tuteurs légaux, avec des accusations d’abus et des conflits d’intérêts concernant la gestion de sa fortune. L’absence de figure protectrice stable a contribué à le fragiliser et à le rendre vulnérable.
Stephen King lui-même, déçu par la direction prise par la suite, a demandé à ce que son nom soit retiré des supports promotionnels du film. Il avait déjà exprimé son mécontentement face à certaines coupes effectuées dans le premier “Simetierre”, mais la suite a apparemment dépassé les bornes.
L’histoire d’Edward Furlong est un rappel poignant des dangers de la célébrité précoce et de l’importance d’un encadrement adéquat pour les jeunes acteurs. Si son interprétation de John Connor reste gravée dans les mémoires, son parcours ultérieur témoigne des difficultés à gérer la gloire et à surmonter les épreuves de la vie. Le cas Furlong soulève des questions cruciales sur la protection des mineurs dans l’industrie du divertissement, un sujet qui continue de faire l’objet de débats et de réglementations renforcées, notamment aux États-Unis où l’agence SAG-AFTRA (Screen Actors Guild – American Federation of Television and Radio Artists) s’efforce de défendre les droits des jeunes artistes.
