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CUPET : la compagnie pétrolière d’État cubaine sous sanctions américaines

Le gouvernement des États-Unis a officiellement ajouté la compagnie pétrolière d’État cubaine, CUPET, à la liste des entités sanctionnées par le Bureau de contrôle des actifs étrangers (OFAC) ce jeudi 11 juin 2026. Cette mesure, qui gèle tout actif sous juridiction américaine, s’inscrit dans un durcissement marqué des sanctions économiques contre La Havane.

L’inclusion de CUPET dans la liste des ressortissants spécialement désignés

La décision de l’OFAC, une branche du département du Trésor des États-Unis, intègre la Unión Cuba-Petróleo (CUPET) à la liste des « Nationales spécialement désignés » (SDN), selon des informations rapportées par Telemundo Miami (51). Fondée le 25 mars 1992, cette entreprise d’État est désormais coupée de toute transaction avec des citoyens ou des entreprises nord-américaines.

Le cadre juridique de cette sanction repose sur l’autorité du Trésor américain à bloquer les biens des entités étrangères qui soutiennent des régimes jugés hostiles aux intérêts de sécurité nationale. Le mécanisme SDN (Specially Designated Nationals) est l’outil le plus puissant de l’arsenal économique américain : il interdit formellement à toute personne ou entité américaine d’effectuer des transactions avec la partie visée. Pour une entreprise comme CUPET, qui gère l’exploration, la production, le raffinage et la distribution de pétrole et de gaz sur l’île, cet isolement financier complique l’achat de pièces détachées, de technologies de raffinage et de services bancaires internationaux nécessaires à ses opérations.

Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a justifié cette action en dénonçant la gestion des ressources énergétiques par le gouvernement cubain. Selon les déclarations de Rubio, relayées par le San Antonio Express-News, des actifs de l’entreprise auraient été « expropiados ilegalmente a propietarios estadounidenses hace años ».

Accusations de détournement et réponse de La Havane

Les autorités américaines ont formulé des accusations graves concernant l’usage interne de l’énergie à Cuba. Marco Rubio a affirmé que les dirigeants cubains détournent les ressources énergétiques à des fins personnelles et répressives.

“Mientras el pueblo cubano ha sufrido escasez de combustible y apagones debido a décadas de falta de inversión en infraestructura crucial, los líderes comunistas de Cuba han desviado recursos energéticos para llenarse los bolsillos.” — Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis, via San Antonio Express-News

En retour, le ministre des Affaires étrangères de Cuba, Bruno Rodríguez, a vivement réagi sur le réseau social X, qualifiant les mesures de « mentiras usuales y vulgares ». Comme l’indique Spectrum Noticias, le gouvernement cubain maintient que cette stratégie vise à étrangler l’économie nationale pour provoquer une déstabilisation sociale. Le ministère des Affaires étrangères cubain a souligné que ces sanctions ignorent délibérément les défis logistiques imposés par l’embargo commercial américain en vigueur depuis plusieurs décennies.

Risques humanitaires et perspectives migratoires

L’impact de ces sanctions sur la population civile suscite l’inquiétude d’experts. William LeoGrande, spécialiste de Cuba à l’Université américaine, a souligné dans le New Haven Register que la politique américaine actuelle semble viser un blocage total des importations de pétrole, ce qui contredit les affirmations humanitaires de Washington. Historiquement, les sanctions visant des secteurs énergétiques nationaux ont souvent des conséquences directes sur la production d’électricité, le transport public et le coût des denrées alimentaires, aggravant ainsi la précarité des ménages.

Ricardo Herrero, directeur du Cuba Study Group, a exprimé son indignation face à une mesure qui entrave les activités des importateurs privés, essentiels à la logistique du carburant sur l’île. Les analystes craignent que cette pression économique accrue ne déclenche une nouvelle vague migratoire, alors que le pays souffre déjà de pannes d’électricité fréquentes. La pénurie de carburant, exacerbée par ces nouvelles restrictions, limite la mobilité interne et la capacité des petites entreprises privées cubaines, les « Mipymes », à maintenir leurs activités opérationnelles.

Une escalade plus large contre la structure de pouvoir cubaine

Cette sanction contre CUPET intervient une semaine après une série de mesures visant directement l’appareil d’État cubain. Le département du Trésor a récemment ajouté à sa liste noire le président Miguel Díaz-Canel, son épouse Lis Cuesta Peraza, ainsi que plusieurs entités historiques du régime, notamment :

  • Les Comités de Défense de la Révolution (CDR), créés en 1960.
  • Le ministère des Forces armées révolutionnaires (MINFAR).
  • L’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP), fondé en 1960.
  • La société Minera La Victoria S.A. (fondée en 2020) et l’agence Amistur Cuba S.A. (fondée en 1996).

Ces désignations s’inscrivent dans une approche de « pression maximale » qui cherche à isoler les institutions qui soutiennent la structure politique et sécuritaire du pays. La diplomate Lianys Torres Rivera a déclaré à l’Associated Press que ces actions servent de « pretexto » pour justifier une éventuelle intervention militaire. Dans ce contexte de tensions exacerbées, l’avenir des relations bilatérales demeure incertain, les autorités cubaines affirmant être « preparadas para eso » en cas d’agression directe. La communauté internationale observe désormais avec attention si ces mesures entraîneront un changement dans la politique interne de l’île ou si elles renforceront la rhétorique de résistance du gouvernement face aux pressions extérieures.

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