Le nombre de manifestants rassemblés devant le centre de dépouillement du parc olympique de Séoul a atteint environ 6 000 personnes ce vendredi 12 juin 2026, selon des estimations policières informelles. Ce rassemblement, qui dure depuis neuf jours pour protester contre la gestion des bulletins de vote lors des élections locales, s’intensifie à l’approche du week-end.
Une montée en puissance des effectifs à Songpa
Photo: 뉴시스
Alors que la mobilisation avait faibli en milieu de semaine, tombant à quelques centaines de personnes, le mouvement a connu un regain d’activité significatif ce vendredi. D’après les informations recueillies par le journal Khan, la foule a gonflé pour atteindre 6 000 participants à la tombée de la nuit. Si le cortège était initialement composé de citoyens préoccupés par le manque de bulletins lors du scrutin, le profil des manifestants s’est diversifié, incluant désormais une présence croissante des 20-30 ans aux côtés des générations plus âgées.
La logistique sur place s’est adaptée à cette affluence : des bus climatisés ont été déployés pour permettre aux manifestants de se reposer face aux températures avoisinant les 30 degrés, tandis que des camions de restauration distribuant gratuitement des collations ont été observés, attirant de longues files d’attente.
Tensions autour de la diffusion du match de Coupe du monde
Photo: 한겨레
La ferveur politique a violemment heurté l’actualité sportive lors de la première rencontre de l’équipe nationale à la Coupe du monde 2026. Selon le média Daum, un camion équipé d’un écran géant, venu diffuser le match Corée du Sud-République tchèque devant le gymnase de handball, a été pris à partie par des manifestants.
“Tu es venu pour t’amuser ? Qu’est-ce que tu fais là ?” (…) “Le pays s’effondre et le football est ta priorité ? On crie à la fraude électorale, et tu nous déranges avec ça, c’est bien ?”Un manifestant et une manifestante, via CBS No Cut News
Le véhicule a dû se déplacer vers une zone moins fréquentée après que des bouteilles d’eau ont été lancées en direction de l’écran. Malgré cette opposition, certains participants, notamment des jeunes volontaires présents sur les lieux, ont continué à suivre le match sur leurs téléphones portables, célébrant discrètement la victoire 2-1 de l’équipe nationale.
De la revendication électorale à la rhétorique radicale
24 000 manifestants à l’Olympic Park : la contestation pour une nouvelle élection gagne tout le pays
Le discours des manifestants a évolué vers une rhétorique plus politique et polarisée au fil des jours. Comme le rapporte le quotidien Hankyoreh, les slogans ont été uniformisés autour de la demande de « nouveau scrutin » et de « dépouillement manuel ». La présence de drapeaux américains et de symboles liés au mouvement « MAGA » est devenue manifeste, certains participants réclamant une intervention internationale.
Une manifestante, arborant une casquette rouge, a justifié cette symbolique :
“À quoi bon crier à la fraude électorale pendant cent jours ? Il faut passer à l’étape supérieure. Il faut exiger une enquête conjointe entre la Corée et les États-Unis. Il faut que Trump parle de cette fraude. Il faut agiter le drapeau américain pour faire bouger Trump.”Une manifestante, via Hankyoreh
À l’intérieur du périmètre, la situation reste tendue. Des participants ont été observés en train de haranguer la foule, appelant à des actions radicales contre les autorités judiciaires et politiques. Des photographies publiées par Newsis confirment la présence de grands drapeaux américains suspendus devant le centre de dépouillement, marquant une transformation visuelle et idéologique du mouvement depuis le début du mois de juin.
Perspectives pour le week-end
La situation reste volatile pour les journées du 13 et 14 juin. Les autorités locales et les organisations sportives affiliées au complexe olympique ont officiellement sollicité l’intervention des forces de l’ordre pour mettre fin au blocage. Les observateurs s’attendent à une nouvelle hausse de la fréquentation au cours du week-end, la dynamique actuelle ne montrant aucun signe d’essoufflement malgré les appels au calme de certains secteurs de la société civile.