Édouard Philippe refuse la primaire proposée par Gabriel Attal

À six mois de l’élection présidentielle de 2027, la proposition de Gabriel Attal d’organiser une « grande primaire des démocrates » se heurte au refus net d’Édouard Philippe. Invité sur TF1, le candidat Horizons a estimé ce dimanche 1er novembre que ce processus mènerait à la division et à la confusion.

La course à l’Élysée prend un tour de plus en plus incertain pour les ténors du centre et de la droite. Distancé dans les sondages d’intentions de vote, le candidat Renaissance Gabriel Attal tente de bousculer le calendrier politique. Son objectif affiché reste d’éviter un second tour redouté entre le Rassemblement national et La France insoumise.

Le refus catégorique d’Édouard Philippe et la stratégie du mois de février

Sur le plateau du journal télévisé de TF1, Édouard Philippe a balayé l’idée d’une primaire. L’ancien Premier ministre a estimé qu’elle n’aurait tout simplement pas lieu, tout en qualifiant le mécanisme d’outil de désunion.

Le principe même d’une primaire, c’est d’appuyer sur les différences entre les candidats. Or je pense que nous avons à créer du commun beaucoup plus que à appuyer sur nos divisions.

Édouard Philippe, candidat Horizons

Plutôt que d’entrer dans un processus de départage cet automne, le maire du Havre renvoie les prétendants à leurs responsabilités pour le mois de février. Selon lui, chacun pourra alors dire en conscience s’il poursuit sa course ou s’il en tire les conséquences face aux aspirations des électeurs.

Cinq mois après s’être lancé dans la course présidentielle pour rattraper ou devancer le maire du Havre, Gabriel Attal a vu ses démarches accueillies froidement. Du côté des soutiens d’Édouard Philippe, on s’interroge ouvertement sur la capacité des perdants à accepter de soutenir le vainqueur d’un tel scrutin.

Les divisions au sein du bloc central et de la droite

La proposition de Gabriel Attal ne soulève pas seulement l’hostilité d’Édouard Philippe. Du côté de Bruno Retailleau, les proches du candidat Les Républicains ont qualifié l’initiative de « fantaisiste et ridicule », pointant du doigt l’incompatibilité programmatique entre des personnalités comme Raphaël Glucksmann et la droite traditionnelle.

Face au RN et à LFI, Gabriel Attal souhaite un «rassemblement autour d'une grande primaire»
Photo : Le Figaro

À l’Assemblée nationale, le président du groupe Horizons Laurent Marcangeli a également fustigé une démarche qu’il juge hasardeuse. Malgré ces résistances, certains acteurs politiques continuent d’afficher leur soutien à une telle compétition.

  • David Lisnard, président de l’association des maires de France, juge que l’idée progresse tout en avertissant qu’il faudra se dépêcher avant qu’il ne soit trop tard.
  • Hervé Morin défend une charte des valeurs pour encadrer le scrutin, tandis que François Bayrou prône un calendrier fixant un vote d’ici à la fin du mois de janvier.

Gabriel Attal maintient sa position malgré les obstacles

Isolé face au refus de ses principaux rivaux, Gabriel Attal persiste. L’ancien Premier ministre a martelé que l’exercice demeurait inéluctable pour éviter ce qu’il qualifie de cataclysme électoral. Pour son entourage, l’idée fait lentement son chemin dans les esprits, même si le consensus immédiat fait défaut.

Entre sondages défavorables pour les ténors modérés et multiplication des candidatures déclarées, la question de la décantation à droite et au centre reste entière à l’approche de l’hiver.

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