Le secteur du crédit privé sous tension face aux risques liés à l’IA
NEW YORK – Le secteur du crédit privé, longtemps perçu comme une alternative lucrative aux marchés traditionnels, montre des signes de fragilité face aux perturbations induites par l’intelligence artificielle (IA). Si les pertes actuelles restent modérées, les investisseurs s’inquiètent d’une possible contagion, notamment au sein des entreprises technologiques fortement endettées.
L’analyse des données de crédit sur les marchés publics révèle une relative indifférence aux risques liés à l’IA pour les entreprises de premier plan. Cependant, un examen plus approfondi du marché des prêts à effet levier, qui chevauche considérablement le crédit privé en termes de type d’émetteurs et de risque de crédit, révèle une situation plus préoccupante.
Avec un volume d’environ 1,7 billion de dollars en Europe et aux États-Unis, le marché des prêts à effet levier est plus important que celui des obligations à haut rendement ou de la portion non-développement de sociétés de crédit privé. Les prêts aux entreprises du secteur des logiciels, en particulier, ont perdu plus de 5% de leur valeur depuis le début de l’année, contribuant à un rendement global négatif pour le marché.
Aux États-Unis, où le marché est quatre fois plus important qu’en Europe, les prêts aux entreprises de logiciels représentent une part encore plus importante. Bien que les pertes soient légèrement moins importantes qu’en Europe, elles soulèvent des questions sur la capacité du secteur à absorber d’autres chocs.
Les données suggèrent que les investisseurs en prêts à effet levier sont plus sensibles aux développements récents que les investisseurs en obligations d’entreprises. Les prêts sont généralement accordés à des entreprises plus petites et moins établies, qui sont donc plus vulnérables aux perturbations du marché.
Le secteur du crédit privé est particulièrement exposé aux entreprises de logiciels, qui représentent une part importante de son portefeuille. Une analyse de Bloomberg suggère que les chiffres officiels pourraient même sous-estimer l’ampleur de cette exposition.
Historiquement, les fonds de crédit privé ont été proactifs dans la restructuration des prêts pour éviter les défauts. Cela peut inclure l’extension des échéances de remboursement ou la suspension temporaire des paiements d’intérêts. Cependant, dans un contexte de changement de sentiment des investisseurs, il est incertain si ces pratiques se poursuivront.
Les sociétés de développement d’entreprises (BDC), souvent considérées comme un indicateur du marché du crédit privé, ont une exposition significative au secteur des logiciels. La capacité de ces sociétés à gérer les risques liés à l’IA sera un facteur clé pour déterminer l’avenir du secteur.
Alors que les investisseurs se ruent toujours sur le crédit privé, la capacité à trouver de nouveaux emprunteurs devient un défi croissant. Cela pourrait inciter les fonds à prendre des risques plus importants, ce qui pourrait exacerber les problèmes existants.
L’évolution de la situation sera suivie de près. Des articles récents du Financial Times soulignent l’importance de surveiller l’impact de l’IA sur le secteur du crédit, notamment en ce qui concerne les risques de défaut et la restructuration des prêts.
Pour en savoir plus :
- Investisseurs sourcilleux face aux fonds de crédit cotés en raison de l’impact de l’IA sur le secteur des logiciels : https://www.ft.com/content/2c373617-123b-4c10-9acd-6ea929887a8a
- L’IA va-t-elle dévorer les créanciers ? : https://www.ft.com/content/3f8876fb-f951-40cc-a1d6-c4bf0523e795
- Les marchés du crédit d’entreprise américains se soucient du naufrage technologique, mais pas beaucoup : https://www.ft.com/content/fa1f3070-ec7d-470d-9ed9-9229a8a4213e
- Ce n’est pas un défaut si vous ne demandez jamais de liquidités – n’est-ce pas ? : https://www.ft.com/content/db8fcc7a-ef7b-475c-b1c2-df57631d21ff
- Quel pourrait être l’ampleur des taux de défaut du crédit privé ? : https://www.ft.com/content/c0a80240-684d-42ab-8662-eccde3bdf094
