Les ferroviaires de la Ligne 10-Turquesa de la CPTM ont approuvé un état de grève le 10 août 2026 à São Paulo pour protester contre le projet de loi sur leurs garanties d’emploi. L’action intervient après des grèves sur d’autres lignes de train métropolitain face aux concessions privées.
La mobilisation s’intensifie sur le réseau ferroviaire pauliste. Réunis en assemblée générale le lundi 10 août 2026, les employés de la Ligne 10-Turquesa, exploitée par la Companhia Paulista de Trens Metropolitanos (CPTM), ont voté en faveur d’un état de grève pour exprimer leur mécontentement face au projet de loi déposé la semaine précédente concernant l’avenir de leurs emplois.
Contrairement à une grève formelle avec arrêt immédiat des services, le mécanisme avertit formellement l’employeur et le gouvernement d’une suspension potentielle des activités si les revendications de la profession ne sont pas satisfaites.
Le Projet de Loi 777/26 et les lacunes dénoncées par le syndicat
Au cœur de la contestation se trouve le Projet de Loi 777/26, transmis à l’Assemblée législative de l’État de São Paulo (Alesp). Le texte prévoit l’absorption des salariés des lignes 10-Turquesa, 11-Coral, 12-Safira et 13-Jade par des organes ou des entités de l’administration publique directe ou indirecte de l’État selon les précisions apportées par la presse locale.
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Cependant, le Sindicato dos Trabalhadores em Empresas Ferroviárias de São Paulo estime que le projet présente des failles béantes. Selon la structure syndicale, la proposition législative se limite à autoriser le gouverneur à garantir les postes sans imposer cette obligation de manière formelle. Les discussions omettent des aspects fondamentaux tels que les salaires, les lieux d’affectation, le temps de service et l’absence de définition précise des structures d’accueil pour chaque groupe d’agents d’après l’analyse détaillée du texte.
Le texte initial a reçu treize amendements modificatifs lors de son passage en commission pour tenter de répondre aux requêtes de la catégorie, mais la méfiance demeure vive parmi le personnel en raison du manque de clarté initiale.
L’impact de la privatisation des lignes 11, 12 et 13 sur la mobilisation
La fronde actuelle des agents de la Ligne 10-Turquesa ne surgit pas dans un vide institutionnel. Elle fait suite aux mouvements de grève menés par les travailleurs des lignes 11-Coral, 12-Safira et 13-Jade au début du mois d’août lors d’un conflit social d’envergure.
Ces trois liaisons avaient été concédées à l’entreprise privée Trivia Trens. Néanmoins, des dysfonctionnements graves constatés dès les premiers jours de l’exploitation commerciale, incluant un incendie sur le réseau, ont conduit à une reprise temporaire de la gestion par la CPTM pour une période de quatre-vingt-dix jours selon les informations officielles communiquées aux usagers.

Lucas Dameto, représentant du Comité CPTM, a déclaré qu’en l’absence d’une réédition de la proposition présentée par le gouvernement de l’État, une grève pourrait toucher la ligne.
Cette situation laisse la Ligne 10-Turquesa comme le seul axe ferroviaire métropolitain encore entièrement sous administration et exploitation directe de la compagnie étatique au moment où les arbitrages politiques se poursuivent. Le gouvernement avait initialement envisagé la mise aux enchères de ce tronçon du Grand ABC — qui dessert les municipalités de Santo André, São Caetano do Sul, Mauá, Ribeirão Pires et Rio Grande da Serra —, avant de réorienter sa stratégie en mai vers la modernisation des infrastructures existantes selon les déclarations de l’exécutif régional.
Prochaines échéances et calendrier des manifestations
Pour l’instant, la circulation des trains sur la Ligne 10-Turquesa se déroule normalement, aucun arrêt de travail n’ayant été décrété pour l’immédiat. Le syndicat maintient toutefois ses instances de décision en assemblée permanente afin de suivre l’évolution des négociations.
Un nouveau temps fort est d’ores et déjà fixé au mardi 18 août 2026, date à laquelle les cheminots prévoient une manifestation publique pour réclamer des modifications substantielles au projet de loi et s’assurer du soutien des députés à l’Assemblée législative afin d’éliminer les zones d’ombre juridiques. De son côté, la direction de la CPTM assure que le dialogue demeure ouvert avec les représentants de la classe laborieuse tandis que l’administration publique tente d’apaiser les tensions sociales dans les transports urbains paulistes.
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