Corée du Sud : 85,7 % des Citoyens Perçoivent la Chine Comme une Menace

Une enquête conjointe révèle que 85.7 pour cent des Sud-Coréens perçoivent la Chine comme une menace, malgré deux sommets diplomatiques récents. L’essoufflement de l’image de Pékin s’explique principalement par les pressions économiques et les tensions sécuritaires, fracturant l’opinion publique au-delà des clivages politiques habituels.

La défiance envers la Chine atteint des sommets en Corée du Sud, transcendant les lignes partidaires traditionnelles. D’après un sondage réalisé par le JoongAng Ilbo et l’East Asia Institute, la quasi-totalité de la population exprime de graves inquiétudes face à la puissance voisine, bousculant les équilibres diplomatiques traditionnels de Séoul.

Un consensus politique rare autour de la menace chinoise

Alors que la classe politique sud-coréenne reste profondément fracturée sur d’autres sujets géopolitiques, le diagnostic concernant la Chine fait l’unanimité. L’enquête indique que 85.7 pour cent des personnes interrogées considèrent la Chine comme une menace pour la Corée du Sud, contre seulement 9,9 % d’avis contraires. Ce sentiment traverse l’ensemble de l’échiquier politique avec une intensité remarquable.

Parmi les sympathisants du Parti démocrate (DP), formation progressiste, 81.7 pour cent perçoivent Pékin comme un danger. L’adhésion à ce constat grimpe à 90 pour cent chez les partisans du Parti du pouvoir au peuple (PPP), du côté conservateur. Ce front uni contraste fortement avec la perception des États-Unis : dans le même sondage, seuls 33.6 pour cent des progressistes disent faire confiance à Washington, une proportion qui atteint 62.5 pour cent chez les conservateurs.

L’échec relatif des sommets diplomatiques face au contentieux économique

Cette hostilité grandissante persiste en dépit d’une séquence diplomatique pourtant intense. Le président chinois Xi Jinping s’est rendu en octobre 2025 pour le sommet de l’APEC à Gyeongju, marquant sa première visite dans le pays en onze ans. Deux mois plus tard, le président sud-coréen Lee Jae Myung a effectué une visite d’État à Pékin et Shanghai, instaurant des échanges mutuels d’une rapidité inédite.

Pourtant, ces efforts n’ont pas inversé la tendance de l’opinion publique. La part des Sud-Coréens exprimant un avis favorable envers la Chine a chuté à 16.9 pour cent cette année, contre 25.6 pour cent l’année précédente. À l’inverse, les opinions défavorables ont bondi à 73.7 pour cent, se rapprochant du record absolu de 73.8 pour cent enregistré en 2021. La confiance globale dans la superpuissance asiatique est quant à elle tombée à 15.9 pour cent.

À l’opposé, les relations avec le Japon ont suivi une trajectoire inverse. Les dirigeants des deux pays se sont rencontrés à six reprises sur la même période, et la cote de popularité favorable du Japon a grimpé à 54.3 pour cent, son plus haut niveau depuis le début des enquêtes en 2013.

Coéercion économique et contentieux maritimes au cœur de la défiance

Plusieurs dossiers bilatéraux irrésolus alimentent cette méfiance durable. Le gouvernement de Séoul a qualifié de meaningful progress la relocalisation par Pékin d’une structure maritime suspecte hors de la zone de mesures provisoires en mer Jaune, intervenue en janvier. Toutefois, les autorités chinoises ont qualifié cette décision de mesure purement commerciale plutôt que diplomatique, tandis que d’autres installations du même type restent en place.

Les restrictions non officielles visant les produits culturels sud-coréens, connues sous le nom de Korean Wave ban, pèsent également sur le climat bilatéral. Le concert K-pop conjoint Dream Concert in Hong Kong 2026, prévu en février dans le territoire autonome, a ainsi été reporté indéfiniment par ses coorganisateurs chinois.

South Korea Seeks to Restore Ties With China Amid Regional Tensions | Asia Geopolitics | 4K | N18G

Mais le principal motif d’inquiétude reste économique. La coercion économique est citée par 55.4 pour cent des personnes sondées comme la raison principale de leur méfiance, ravivant le souvenir des sanctions imposées après le déploiement du bouclier antimissile américain Thaad en 2017. La pénurie nationale d’adjuvants pour moteurs diesel en 2021 et les restrictions d’exportation sur sept terres rares décidées par Pékin en avril 2025 ont rappelé la vulnérabilité des industries sud-coréennes, alors que la Chine absorbe 20 pour cent du commerce extérieur du pays, soit 272.7 milliards de dollars l’an dernier.

Tensions militaires et perspectives régionales

Sur le plan sécuritaire, les frictions persistent. Lorsque Séoul et Washington ont tenu une réunion du Groupe consultatif nucléaire en juin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a averti la Corée du Sud qu’elle devait act prudently. Dans le même temps, 37.9 pour cent des sondés estiment que la Chine fait peser une direct military threat sur le pays, tandis que 32.8 pour cent soulignent son manque d’engagement en faveur de la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Pourquoi la menace d
Photo: lesechos.fr

Ces pressions géopolitiques s’exercent dans un contexte boursier régional déjà secoué par des incertitudes technologiques et financières, témoignant de la complexité des équilibres que Séoul doit maintenir face à son indispensable mais redoutable voisin.

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