Santiago : Le secteur de l’hôtellerie étouffé par les restrictions sanitaires, le Camino de Santiago en berne
Santiago, Espagne – La reprise économique tarde à se concrétiser pour le secteur de l’hôtellerie à Santiago de Compostela, alors que les commerçants, restaurateurs et bars se disent exaspérés par les mesures sanitaires jugées trop strictes imposées par la Xunta de Galice. La ville, placée en alerte de niveau trois, est particulièrement touchée, interdisant l’ouverture des espaces intérieurs et limitant les terrasses à un maximum de cinq convives par table.
Selon les estimations, près de 30% des établissements hôteliers ont déjà opté pour une fermeture temporaire, et une manifestation a eu lieu cette semaine pour dénoncer ces restrictions qui, selon les professionnels, nuisent au maigre afflux touristique vers la ville. Le secteur s’appuie sur les données du ministère de la Santé, qui indiquent que seulement 2,1% des foyers épidémiques sont liés aux établissements de loisirs.
Un Camino de Santiago perturbé et des traditions ancestrales mises à l’épreuve
L’impact de la pandémie de Covid-19 s’étend au-delà de l’économie locale, affectant également le célèbre Camino de Santiago, perturbant les traditions et les pèlerinages. Si certaines célébrations, comme les feux de joie de Samaín, peuvent encore être maintenues dans les villages grâce à la géographie galicienne, d’autres coutumes ancestrales sont menacées.
En galice, la nuit du 31 octobre est traditionnellement associée à la crainte de rencontrer la “Sainte Compagnie”, des esprits errants. Les portes et fenêtres des maisons rurales étaient autrefois fermées à clé pour se protéger des “trasos”, des êtres maléfiques censés apporter des malédictions familiales. Parallèlement, certains mystiques restaient éveillés toute la nuit, guettant la “Fée des Bonnes Fortunes” qui, selon la légende, aspire la chance des imprudents.
Un héritage culturel fragile face aux défis contemporains
Ces traditions,profondément ancrées dans le folklore galicien,témoignent d’un riche patrimoine culturel qui se trouve aujourd’hui confronté à des défis sans précédent. La crise sanitaire actuelle met en lumière la vulnérabilité des secteurs économiques et culturels qui dépendent du tourisme et des rassemblements sociaux, soulignant la nécessité de trouver un équilibre entre la protection de la santé publique et la préservation du patrimoine immatériel. L’avenir du Camino de Santiago et des traditions galiciennes dépendra de la capacité à s’adapter et à innover face à ces nouvelles réalités.
