NATO prépare un exercice militaire massif dans le nord de la Norvège en 2026, renforçant sa présence arctique
OSLO, Norvège – La Norvège accueillera l’exercice « Cold Response 26 » dirigé par l’OTAN en mars 2026, un déploiement militaire à grande échelle qui impliquera plus de 25 000 soldats de 12 nations, dont environ 3 000 Marines américains. L’annonce intervient alors que l’alliance atlantique renforce sa posture défensive dans la région arctique, en réponse à l’activité militaire croissante de la Russie et à l’évolution du paysage géopolitique nordique.
L’exercice, qui débutera par des entraînements en conditions hivernales dès janvier 2026, vise à tester la capacité de l’OTAN à déployer, intégrer et soutenir des forces conjointes dans le Grand Nord. Il s’agit d’un élément clé de la stratégie de l’OTAN pour adapter ses capacités aux défis spécifiques posés par l’environnement arctique, caractérisé par des températures extrêmes, des terrains difficiles et des conditions météorologiques imprévisibles.
« Cet exercice ne vise pas seulement à nous préparer aux menaces d’aujourd’hui, mais aussi à renforcer les capacités nécessaires pour dissuader de futures agressions et sauvegarder nos intérêts communs », a déclaré le major général Daniel L. Shipley, commandant des Forces du Corps des Marines des États-Unis en Europe et en Afrique, dans un communiqué.
L’exercice « Cold Response 26 » intervient après que le Commandement des forces conjointes de l’OTAN à Norfolk a assumé la responsabilité opérationnelle de l’ensemble de la région nordique, englobant la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark et les zones maritimes environnantes. Cette évolution reflète la reconnaissance par l’OTAN de l’importance stratégique croissante de la région, en particulier depuis l’adhésion de la Finlande et de la Suède à l’alliance en 2023 et 2024.
Les forces américaines, notamment des unités du II Marine Expeditionary Force et de la 2e Division des Marines basées à Camp Lejeune, en Caroline du Nord, joueront un rôle central dans l’exercice. Elles se concentreront sur l’amélioration de l’interopérabilité avec les forces norvégiennes et alliées, ainsi que sur la mise à l’épreuve des procédures de réception, de mise en scène, de transit et d’intégration dans des conditions hivernales.
Au-delà des troupes de terrain, l’exercice impliquera un large éventail d’actifs militaires américains, notamment des avions de patrouille maritime P-8 Poseidon de l’US Navy, des unités d’ingénierie Seabee, des avions de combat F-35A Lightning II de l’US Air Force, des avions ravitailleurs KC-135 Stratotanker, des hélicoptères HH-60W Jolly Green II, des avions MC-130J Commando II et des tiltrotors CV-22 Osprey. Le Commandement des opérations spéciales des États-Unis participera également avec des unités sélectionnées.
Les participants alliés comprendront des forces du Canada, du Danemark, de la Finlande, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, des Pays-Bas, de l’Espagne, de la Suède et du Royaume-Uni, ainsi que des éléments de commandement de l’OTAN. L’exercice simulera un environnement de sécurité réaliste, comprenant des opérations logistiques contestées, des opérations maritimes et une coordination air-sol conjointe dans des conditions météorologiques rigoureuses.
Les responsables de la défense norvégienne soulignent que l’exercice s’inscrit dans un cycle d’entraînement de longue date qui garantit que les forces alliées restent capables d’opérer dans l’Arctique toute l’année. Les exercices « Cold Response » sont organisés régulièrement depuis des décennies, mais l’ampleur et la complexité de l’édition 2026 reflètent l’importance croissante de la région dans la planification de la défense de l’OTAN.
L’Arctique et le Grand Nord ont attiré une attention stratégique accrue ces dernières années, en raison de l’expansion continue des infrastructures militaires russes dans la région. Selon le rapport annuel du ministère norvégien de la Défense sur la situation géopolitique, la Russie a considérablement augmenté sa présence militaire dans l’Arctique, notamment en reconstruisant d’anciennes bases militaires et en déployant de nouvelles armes.
L’exercice « Cold Response 26 » est donc perçu comme un signal fort de la détermination de l’OTAN à maintenir la sécurité et la stabilité dans la région. Il vise à démontrer que les forces alliées peuvent déployer, intégrer et soutenir des opérations de combat dans la région nordique si nécessaire.
Le général de division Farrell J. Sullivan, commandant général de la 2e Division des Marines, a souligné l’importance de la synchronisation des opérations dans tous les domaines pour soutenir les plans de défense norvégiens. « Cela signifie s’assurer que chaque domaine est synchronisé pour soutenir le combattant sur le terrain et fournir à nos partenaires de l’OTAN la puissance de combat décisive dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin », a-t-il déclaré.
