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Clownfish : Pourquoi les bébés perdent leurs rayures

Les bébés poissons-clowns perdent leurs rayures pour grimper dans la hiérarchie sociale, révèle une étude

PARIS – Dans le film d’animation Le Monde de Nemo, le père clownfish, Marin, s’inquiète du nombre de rayures de son fils, Nemo. Mais dans la vraie vie, et plus précisément chez l’espèce du poisson-clown tomate, la disparition progressive des rayures est un signe de maturité et d’intégration sociale, selon une nouvelle étude publiée dans PLOS Biology.

Les chercheurs de l’Institut des sciences d’Okinawa au Japon ont découvert que les jeunes poissons-clowns ajustent le moment où ils perdent leurs rayures en fonction de leur environnement et des signaux sociaux qu’ils reçoivent. L’étude révèle que la présence d’adultes sur une anémone de mer accélère la perte des rayures, suggérant que les jeunes poissons modifient leur apparence pour s’intégrer à la hiérarchie sociale locale.

"Ils ont besoin d’interagir avec les autres pour former une hiérarchie fonctionnelle", explique Laurie Mitchell, biologiste marine à l’Institut des sciences d’Okinawa. "C’est à ce moment-là qu’ils commencent à perdre leurs rayures."

Les poissons-clowns tomates naissent avec deux ou trois rayures blanches, mais ne conservent qu’une seule rayure sur la tête à l’âge adulte. Les scientifiques ont observé que les jeunes poissons qui rejoignent une anémone déjà occupée par des adultes perdent leurs rayures plus rapidement que ceux qui vivent dans un environnement moins peuplé.

L’étude a également identifié des changements dans l’expression des gènes, notamment ceux liés à la mort cellulaire, qui sont responsables de la disparition des rayures. Les hormones produites par la thyroïde pourraient jouer un rôle clé dans ce processus.

"Ce qui est vraiment intéressant, c’est le mécanisme", souligne Theresa Rueger, écologiste des récifs coralliens à l’Université de Newcastle, qui n’a pas participé à l’étude. "On comprend à la fois l’aspect écologique, la façon dont les poissons vivent, et les mécanismes qui expliquent comment ils modifient leur coloration en grandissant."

Peter Buston, écologiste évolutionniste marin à l’Université de Boston, ajoute que cette recherche offre des perspectives sur la diversité de la coloration chez les différentes espèces de poissons-clowns. "Il est intéressant de voir que différents systèmes sociaux ont pu exploiter ce potentiel de signalisation de différentes manières."

La perte des rayures semble donc être une stratégie d’adaptation sociale, permettant aux jeunes poissons-clowns de signaler leur statut et de s’intégrer à la communauté. Une adaptation fascinante qui rappelle que même dans le monde sous-marin, l’apparence compte, et que la pression sociale peut influencer le développement physique.

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