Home SantéCholestase familiale progressive de type 5 : identification d’une nouvelle mutation NR1H4

Cholestase familiale progressive de type 5 : identification d’une nouvelle mutation NR1H4

by Camille Laurent - Santé

Urgence médicale : Découverte d’une nouvelle mutation génétique à l’origine d’une forme rare de maladie du foie chez un nourrisson

Paris, France – Des chercheurs ont identifié une mutation génétique inédite responsable d’une forme sévère de Cholestase intrahépatique Familiale Progressive (PFIC), une maladie rare du foie affectant les nourrissons. La découverte, publiée récemment, ouvre de nouvelles perspectives pour le diagnostic et le conseil génétique, mais souligne également la gravité de cette pathologie.

Le cas concerne un nourrisson dont les parents, porteurs sains de la mutation, ont consulté pour des symptômes de cholestase. L’analyze génétique a révélé une variante du gène NR1H4 jamais décrite auparavant, absente des bases de données génétiques connues. Cette découverte est d’autant plus significative que la PFIC5, la forme associée à ce gène, est particulièrement agressive.

La PFIC est un groupe de maladies hépatiques héréditaires caractérisées par une accumulation de bile dans le foie, entraînant des lésions progressives. les symptômes incluent un prurit intense, une jaunisse et, à terme, une insuffisance hépatique. Si la PFIC peut être causée par des mutations dans différents gènes, la PFIC5 est souvent associée à une évolution rapide et à un pronostic sombre.

Conseil génétique et options pour les familles

L’identification de la mutation permet aux familles touchées de bénéficier d’un conseil génétique précis, estimant le risque de transmission de la maladie à leurs futurs enfants. Dans le cas présent, les parents ont pu bénéficier de ce conseil, avec la possibilité d’un diagnostic prénatal. Si la mutation est détectée chez un fœtus à 14 semaines de gestation, l’interruption volontaire de grossesse est une option envisagée.

Traitements limités et nécessité de la transplantation hépatique

À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement curatif pour la PFIC5. La prise en charge se concentre sur la correction des carences vitaminiques et le soulagement des symptômes, notamment le prurit et l’ascite (accumulation de liquide dans l’abdomen).L’acide ursodésoxycholique (UDCA), souvent utilisé dans les maladies du foie, s’est avéré inefficace et potentiellement toxique dans ce cas précis, et est contre-indiqué dans la cholestase néonatale.

Malheureusement, la progression rapide de la maladie conduit souvent à la nécessité d’une transplantation hépatique (LT) à un âge précoce. Les patients atteints de PFIC5 présentent un pronostic particulièrement défavorable, avec une survie limitée sans LT. Les données disponibles montrent que tous les patients non transplantés décèdent, sans aucune survie à long terme avec un foie natif.

Un appel à la recherche

Cette découverte souligne l’importance de la recherche génétique pour mieux comprendre les maladies rares du foie et développer de nouvelles thérapies. La PFIC, bien que rare, représente un défi médical majeur, et l’identification de nouvelles mutations génétiques est cruciale pour améliorer le diagnostic, le conseil génétique et, à terme, le traitement de ces patients. La communauté médicale continue de travailler à l’amélioration des protocoles de transplantation et à l’exploration de nouvelles approches thérapeutiques pour offrir un avenir plus prometteur aux enfants atteints de PFIC.

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