Cary Elwes : De l’ombre de Marlon Brando à l’héritage de « La Princesse Bride » et un nouveau rôle sombre
LOS ANGELES – Cary Elwes, l’acteur britannique de 63 ans, a connu une carrière riche en rebondissements, marquée par des rencontres fortuites, des flops inattendus et un rôle iconique qui continue de résonner près de quatre décennies après sa sortie. Alors qu’il présente son dernier film, « Dead Man’s Wire », un thriller tendu inspiré de faits réels, Elwes revient sur un parcours jalonné de mentors prestigieux et d’une œuvre qui a défié les pronostics pour devenir un classique culte.
L’histoire a commencé dans les années 1980, après une période de vaches maigres. En 1988, Elwes, alors jeune acteur en quête de reconnaissance, se trouvait dans un restaurant new-yorkais lorsqu’il a croisé Al Pacino. Un simple échange, une question sur son emploi du temps, a conduit à un conseil précieux : « Tu dois exercer tes muscles d’acteur », a déclaré Pacino, l’orientant vers le Lee Strasberg Institute, où il avait lui-même étudié avec Charlie Laughton. Une opportunité qui, selon Elwes, a « changé sa vie ».
Mais c’est un film initialement considéré comme un échec qui a véritablement marqué sa carrière. « La Princesse Bride », une parodie de conte de fées à l’humour décalé, a d’abord déçu au box-office. Pourtant, un an après sa sortie en salles, avec l’avènement du VHS, le film a trouvé son public et est devenu un phénomène culturel. Des répliques comme « Comme tu le souhaites », « Inconcevable ! » et « Bonjour. Mon nom est Inigo Montoya. Tu as tué mon père. Prépare-toi à mourir » sont entrées dans le langage courant, témoignant, selon Elwes, du « génie » du scénariste William Goldman, qui a su tisser un récit rempli de lignes mémorables.
L’impact de « La Princesse Bride » dépasse largement le cadre du cinéma. Le film continue de rassembler des familles et de susciter l’enthousiasme des fans, une responsabilité qu’Elwes assume avec gratitude. « C’est un film qui rassemble les gens, qui crée du lien », explique-t-il.
La perte récente de Rob Reiner, le réalisateur de « La Princesse Bride », et de sa femme, Michele Singer Reiner, a profondément affecté Elwes. Les deux hommes partageaient une amitié de longue date et se retrouvaient régulièrement lors d’événements commémoratifs du film. « C’était un ami très cher et je le regrette terriblement », a déclaré Elwes, visiblement ému. Un hommage a été rendu à Reiner et à sa femme lors de la cérémonie des Oscars, auquel Elwes a participé aux côtés d’autres amis et collaborateurs.
Aujourd’hui, Elwes se tourne vers des rôles plus sombres et complexes. Dans « Dead Man’s Wire », il incarne Mike Grable, un policier confronté à une situation de crise impliquant un homme désespéré qui prend un cadre en otage. Le film, qui met également en scène Al Pacino, rappelle des œuvres classiques comme « Un après-midi de chien » de Sidney Lumet, explorant les thèmes de la marginalisation et de la violence.
Elwes a été attiré par le « terrain gris » moral de l’histoire, par la question de savoir ce qui pousse un homme à commettre un acte désespéré. « Nous ne plaidons pas pour la violence, mais nous essayons de montrer ce qui peut arriver lorsque les gens se sentent acculés », explique-t-il.
Le rôle lui a permis de renouer avec Pacino, une figure paternelle dans sa carrière. « J’ai rencontré Al par hasard, et il m’a donné un conseil qui a changé ma vie », se souvient Elwes. « C’est un ami précieux, et c’est un plaisir de travailler à nouveau avec lui. »
De ses débuts en tant qu’assistant de Marlon Brando à son rôle de héros romantique dans « La Princesse Bride » et à ses performances plus récentes dans des thrillers captivants, Cary Elwes a prouvé sa polyvalence et sa capacité à se réinventer. Un parcours atypique, marqué par la chance, le talent et une volonté inébranlable de « manifester » ses rêves, comme il le dit lui-même.
« Dead Man’s Wire » est en salles le 20 mars.
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