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capturé le dernier fugitif du génocide au Rwanda – Corriere.it

capturé le dernier fugitif du génocide au Rwanda – Corriere.it

2023-05-26 21:46:19

Le maire, le curé, le pharmacien, le policier : sur les 4 recherchés pour le massacre de 2 000 personnes dans l’église de Nyange, entre le 15 et le 16 avril 1994, seul lui manquait à l’appel. Ancien inspecteur de police Fulgence fière62 ans à parcourir, a été arrêté en Afrique du Sud, dans un ferme dans les vignes de Paarl, petite ville à 60 km de Cape Town, où il était gardien. Il a dit qu’il était un réfugié burundais, puis a avoué : Je savais que ce moment viendrait.

Il s’est écoulé près de trente ans depuis le printemps 1994, lorsqu’en 100 jours au moins 800 000 personnes (pour la plupart d’ethnie tutsie) ont été massacrées avec zèle sur les instructions du gouvernement hutu alors au pouvoir, dans ce qu’on a appelé le génocide le plus rapide de l’histoire. Et le schéma de cette violence rapide et généralisée pourrait expliquer la même Kayishema, une fois extradé vers le Rwanda où aura lieu son procès (le tribunal spécial de l’ONU qui l’a traqué toutes ces années a presque fermé ses portes).

L’inspecteur du quartier Kivumu, à l’ouest de Kigali, a utilisé tous les moyens pour se débarrasser de cette population apeurée composée avant tout de femmes, de vieillards et d’enfants qui, quelques jours après le début de la tuerie dans la capitale, il avait trouvé refuge dans l’église de Nyange dédié à la Madone. Le curé Athanase Seromba les a accueillis à bras ouverts. Et puis il a pris des dispositions avec l’inspecteur Fulgence, le maire Grgoire Ndahimana et le pharmacien en chef du parti Gaspard Kanyarukiga. Pour le boulot, comme on appelait dans le jargon l’extermination des Tutsi, les machettes des milices ne suffisaient pas organisation ou des grenades militaires. L’inspecteur Kayishema s’est alors procuré de l’essence pour les torches. Le plan était de brûler l’église avec tout le monde à l’intérieur. Mais l’incendie non plus ne voulait pas être complice : c’est ainsi que le lendemain matin, le policier diligent appela un bulldozer qui fit s’effondrer le bâtiment, tuant les survivants en prière, avant de superviser l’inhumation des corps dans une fosse commune.

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Le massacre fut aussi rapide que la recherche des auteurs fut laborieuse. Le curé fuit en Italie où il trouve refuge près de Florence, protégé par un réseau de compatriotes et de soutanes dociles, avant de se livrer en 2002 : condamné par le Tribunal de l’ONU pour crimes au Rwanda, il purge une peine à perpétuité dans une prison au Bénin. . Le maire a écopé de 25 ans, le pharmacien de 30 ans. Le tribunal de l’ONU basé en Tanzanie a clos les procès d’environ quatre-vingts accusés, mais n’a jamais cessé de traquer le dernier recherché, le plus insaisissable, probablement le responsable numéro un de l’église de Nyange. massacre.

A la chute du régime génocidaire, Fulgence Kayishema s’est enfui avec sa femme et ses enfants en République démocratique du Congo. Les enquêteurs de l’ONU ont reconstitué ses déplacements. Tanzanie, Mozambique, puis en 1998 Swaziland, se faisant toujours passer pour un réfugié burundais. Du petit royaume aujourd’hui appelé Eswatini, le pas vers l’Afrique du Sud fut court. L’ex-policier a obtenu le statut de réfugié et pendant vingt ans il s’est construit une autre vie, avec 4 identités différentes et autant de passeports (dont un du Malawi), protégé par un réseau de Rwandais liés à l’ancien régime hutu transplanté au pays de Mandela. Et pas seulement d’eux.

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En 2020, le Procureur du Tribunal de l’ONU Serge Brammertz, dans un rapport au Conseil de sécurité, s’est plaint du manque de collaboration des autorités de Pretoria, qui se sont justifiées par le fait que la personne recherchée était un réfugié légitime. Au cours des dix derniers mois, la musique a changé. Le gouvernement sud-africain a mis une équipe de 20 personnes à la disposition des enquêteurs pour traquer Kayishema. Travaillant sur des relevés téléphoniques et des transactions financières, on a découvert que l’ancien inspecteur avait travaillé comme garde privé pour une société liée à la diaspora rwandaise. La boucle s’est bouclée entre les vignobles de Paarl.

Au Rwanda, la porte-parole du gouvernement a commenté en un mot : Enfin. A Kivumu, le village du massacre, Aloys Rwamasirabo, 67 ans, a accueilli la nouvelle de l’arrestation avec des mots calmes : Maintenant je sais qu’il y aura justice pour nos proches. Aloys, qui a réussi à s’enfuir ce jour d’avril mais a perdu 9 enfants et trois sœurs dans les décombres, souhaite que l’inspecteur soit conduit au mémorial du massacre, devant la clairière vide où s’élevait autrefois l’église de Nyange. Retour à la case départ, où le travail de génocide a commencé.

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26 mai 2023 (changement 26 mai 2023 | 22:50)



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