Un Canadien a purgé 18 mois de prison à la suite d’une erreur judiciaire provoquée par une confusion de pseudonymes sur une application de messagerie, selon les informations révélées par la chaîne CBC. Condamné en première instance pour des infractions à caractère sexuel sur mineur, l’homme a été totalement innocenté en appel en août 2026 après la découverte d’un caractère manquant dans l’adresse ciblée par les autorités.
L’erreur d’un simple tiret de soulignement dans les réquisitions judiciaires
L’affaire trouve son origine en 2018 dans l’État du Wisconsin, aux États-Unis. Le suspect qui communique avec l’enfant utilise le pseudonyme fus__ro_dah
, qui comporte deux tirets du bas entre le terme fus
et le terme ro
.
Cependant, lors de l’émission des réquisitions judiciaires destinées à identifier l’adresse IP et le courrier électronique reliés à ce compte, les autorités américaines commettent une erreur d’écriture matérielle. Elles saisissent dans leur demande le pseudonyme fus_ro_dah
, en omettant l’un des deux tirets du bas. Un simple tiret du bas aura suffi à faire basculer le cours de la procédure, redirigeant les investigations vers un autre compte totalement étranger aux faits.
La piste numérique menant de Halifax à une condamnation en première instance
En réponse à cette requête erronée, la plateforme Kik transmet aux enquêteurs l’adresse électronique associée au pseudonyme mal orthographié. L’analyse des registres de Google indique par la suite qu’un accès a été effectué depuis une adresse IP localisée au Canada. L’enquête est alors transférée aux services de police de Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Une demande adressée au fournisseur d’accès à Internet Bell Aliant permet d’identifier l’abonné de l’adresse IP : Brandon Klayme. Lors de la perquisition de son domicile, les forces de l’ordre saisissent son téléphone intelligent et son ordinateur portable dans sa chambre. Néanmoins, l’examen technique des appareils ne met en évidence aucun échange avec la victime ni aucune image répréhensible, et ne parvient pas non plus à établir que l’intéressé s’est connecté à Kik durant la période incriminée.
Malgré ces contradictions matérielles, Brandon Klayme est formellement arrêté en 2020. Il est poursuivie pour plusieurs chefs d’accusation, incluant le détournement de mineur par voie de communication et la possession de documents pédopornographiques. En avril 2023, le tribunal de Dartmouth le condamne à une peine de 18 mois de prison ferme. L’intéressé purge l’intégralité de sa peine, tout en contestant constamment sa culpabilité.
La découverte de la bévue informatique et l’acquittement prononcé en appel
La situation évolue au printemps 2026, au moment où l’équipe de défense prépare le dossier d’appel. En analysant l’origine des indices informatiques qui désignaient leur client malgré ses dénégations, les avocats mettent en lumière le défaut initial dans les réquisitions.

Zeb Brown, avocat de la défense, a expliqué via ladepeche.fr qu’ils cherchaient à comprendre pourquoi les preuves informatiques le pointaient du doigt alors qu’il niait fermement toute implication.
Cette vérification met en évidence que le pseudonyme initialement visé, doté des deux tirets, désignait en réalité un autre individu localisé en Californie, prénommé Jay. Informé de cette discordance, le parquet réexamine le dossier et ne s’oppose plus aux prétentions de la défense.
Saisie de l’affaire, la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse annule la condamnation et prononce l’innocence de Brandon Klayme. La juridiction acte qu’il était factuellement innocent, soulignant qu’il n’aurait jamais dû faire l’objet de poursuites judiciaires, et lève l’ensemble des mesures de probation qui pesaient sur lui.
Pour aller plus loin