Une étude menée par le King’s College de Londres auprès de 9 632 enfants suggère un lien entre la consommation de caféine, principalement via les boissons gazeuses, et une réduction de la surface du cortex cérébral. Ces résultats, publiés en octobre 2026, associent également cette consommation à une diminution de la durée du sommeil.
L’impact de la caféine sur le développement cérébral
La recherche, dirigée par des experts de l’Institut de psychiatrie, psychologie et neurosciences du King’s College de Londres, a analysé les données de 9 632 enfants âgés de neuf à onze ans. En s’appuyant sur l’étude Adolescent Brain Cognitive Development (ABCD), les chercheurs ont examiné les habitudes de consommation de caféine des participants, issues principalement du café, du thé et, de manière prédominante, des boissons gazeuses.
Les examens par imagerie par résonance magnétique (IRM) ont révélé une corrélation entre une consommation régulière de caféine et une réduction de la surface corticale. Ce phénomène a été observé dans 22 régions cérébrales distinctes, réparties sur l’ensemble des quatre lobes du cerveau. Selon les auteurs, ces différences structurelles apparaissent dès la consommation d’une seule boisson caféinée par semaine, même après avoir pris en compte des facteurs socio-économiques tels que le revenu et le niveau d’éducation des parents.

Le rôle médiateur du sommeil dans la santé mentale
L’étude identifie une chaîne d’événements reliant la consommation de caféine à des difficultés psychologiques ultérieures. Les enfants consommant davantage de caféine dorment en moyenne moins longtemps, ce qui semble affecter la structure de leur cortex. Cette altération du sommeil et de la morphologie cérébrale expliquerait, en partie, l’augmentation des problèmes d’attention, d’humeur et de comportement observés lors des suivis effectués six mois plus tard.
Le Dr Divyangana Rakesh, maître de conférences en neurosciences et psychologie au King’s College de Londres, a indiqué : « Nous avons découvert que même des niveaux de consommation assez faibles étaient liés à de petites différences dans la structure cérébrale et la santé mentale ultérieure, et qu’une durée de sommeil plus courte semble être un lien sous-jacent important. »
À 18 mois, les chercheurs ont noté que si les problèmes de comportement persistaient, le lien avec la réduction de la surface corticale restait l’indicateur le plus stable. Cependant, l’équipe scientifique souligne les limites de leurs conclusions actuelles concernant la causalité directe.
Le Dr Divyangana Rakesh a déclaré : « Bien que nous ne puissions pas nous prononcer sur la causalité, nos résultats suggèrent que tant l’apport en caféine, y compris celle provenant des boissons gazeuses, que le sommeil méritent que l’on s’y attarde lorsque nous pensons à la santé mentale des jeunes. »
L’absence de réglementation sur la consommation des mineurs
Bien que deux tiers des adolescents consomment de la caféine au moins une fois par semaine, cette substance psychoactive demeure largement non réglementée dans de nombreux pays. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’établir des directives claires basées sur des preuves scientifiques pour protéger le neurodéveloppement des plus jeunes.
Les auteurs de l’étude ont souligné, selon Infobae, que « les résultats mettent en évidence la nécessité de disposer de directives fondées sur des données probantes concernant la consommation de caféine chez les adolescents afin de favoriser le neurodéveloppement et la santé mentale. »
La difficulté majeure pour les scientifiques réside dans la nature même des boissons consommées. Les boissons gazeuses, principales sources de caféine dans cette cohorte, contiennent également des niveaux élevés de sucre et sont souvent associées à des modes de vie moins sains. Il reste donc complexe, pour l’heure, de distinguer précisément les effets de la caféine de ceux liés aux autres composantes de ces produits. Des recherches futures, utilisant des mesures plus précises sur les moments de consommation et la qualité réelle du repos, sont nécessaires pour clarifier ces mécanismes.
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