La British Medical Association (BMA) a annoncé le mardi 23 juin 2026 le lancement d’un vote auprès des médecins consultants et des spécialistes (SAS) en Angleterre afin d’approuver une potentielle grève. Cette escalade, qui fait suite à une offre salariale jugée « inadéquate » de 3,5 %, menace de paralyser le système hospitalier britannique. Selon The Guardian, une grève coordonnée pourrait impliquer l’ensemble des médecins hospitaliers du pays.
Le durcissement de la stratégie syndicale
Le syndicat des médecins a franchi une étape décisive dans son conflit avec le gouvernement. En décidant de consulter ses membres — consultants et médecins spécialistes (SAS) — sur une éventuelle action syndicale, la BMA cherche à accroître la pression sur le ministère de la Santé et des Affaires sociales (DHSC). Si les votes sont favorables, le gouvernement risque de faire face à une situation où tous les médecins travaillant dans les soins hospitaliers secondaires en Angleterre seraient en grève au cours de la même période, rapporte The Guardian.
« Should the ballots be successful, the government risks having all doctors working in secondary [hospital] care in England taking industrial action during the same period.
Le Dr Helen Neary, co-présidente du comité des consultants de la BMA, a souligné que les ministres doivent désormais se demander s’ils peuvent se permettre de laisser tous les médecins hospitaliers détenir un mandat de grève simultanément. Ce mouvement fait suite à une décision gouvernementale d’octroyer une augmentation salariale de 3,5 % pour 2026-2027, un chiffre jugé décevant par les représentants médicaux.
Les arguments du gouvernement face aux revendications
Le ministère de la Santé justifie sa position en mettant en avant les revenus actuels des médecins seniors. Selon le DHSC, les consultants gagnent en moyenne 147 000 £ par an et ont bénéficié d’augmentations régulières. Le ministère précise que le salaire de base des nouveaux médecins seniors a progressé d’environ 28,5 % au cours des quatre dernières années.

« Last year consultants earned an average of 147,000 £, and they have just been awarded another above-inflation pay rise. Basic pay for new senior doctors has increased by about 28,5% across the last four years. These are not grounds for even considering strike action.
En Irlande du Nord, la situation est tout aussi tendue. Le Dr David Farren, président du comité des consultants de la BMA pour l’Irlande du Nord, a déclaré : « No doctor wants to take strike action. », tout en soulignant la colère palpable face à l’érosion salariale et à la surcharge du système de santé, comme le rapporte la BBC.
Risques pour la sécurité des patients et logistique des grèves
La perspective d’une grève coordonnée soulève des inquiétudes majeures concernant la continuité des soins. La BMA a déjà mis en place des directives pour ses membres, insistant sur le maintien d’un système de dérogation pour les urgences critiques. « During strike action we will continue to run a safety-critical derogation system, day and night, for any emergency requests, because we care about the safety of patients. », précise la BMA.
Le syndicat rappelle qu’il n’est ni cliniquement sûr, ni raisonnable de demander aux médecins de fournir simultanément des services électifs et des soins d’urgence lors de journées de débrayage. Les médecins sont encouragés à utiliser des modèles de lettres fournis par la BMA pour signaler toute pression managériale visant à maintenir des services électifs sans évaluation préalable des risques.
Perspectives et calendrier des négociations
Les votes officiels des consultants et des médecins SAS se dérouleront du 11 mai au 6 juillet 2026. Ce délai laisse une fenêtre d’opportunité pour des négociations visant à éviter le débrayage. Parallèlement, le conflit avec les médecins résidents (ex-juniors) se poursuit, avec une grève de six jours prévue le 7 avril, suite à un désaccord sur le calendrier de versement d’une enveloppe de 700 millions de livres sterling destinée à la « progression pay ».

Le ministre de la Santé, Wes Streeting, a réitéré son engagement à assurer les revalorisations salariales recommandées pour 2026-2027, malgré un budget sous tension. Cependant, il affirme qu’il n’existe aucune marge de manœuvre pour dépasser les recommandations des organismes d’examen des salaires. La situation reste donc dans une impasse, chaque partie campant sur ses positions à l’approche des échéances de vote.
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