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Bill Steiger : Nouveau cap pour la santé mondiale sous Trump

Bill Steiger, nouveau visage de la lutte antipaludique, mise sur l’innovation et l’autonomie

Washington – Bill Steiger, récemment nommé directeur général de l’organisation à but non lucratif Malaria No More, estime que les changements radicaux apportés par l’administration Trump au paysage de la santé mondiale étaient « depuis longtemps attendus ». Fort de plus de 25 ans d’expérience dans le domaine, dont un passage en tant que chef de cabinet à l’Agence américaine pour le développement international (USAID) durant la première administration Trump, Steiger aborde ce nouveau rôle avec une vision claire : une lutte plus efficace, plus durable et plus axée sur l’autonomie des pays concernés.

« L’un des défauts potentiels des grands programmes d’aide américains était leur caractère illimité », explique Steiger. « Il manquait une emphase sur la durabilité, sur les contributions financières nationales et sur la formation d’un nombre suffisant de leaders nationaux et locaux capables de prendre en charge la gestion des programmes. »

Cette nouvelle approche, baptisée « parcours vers l’autonomie » par l’administration Trump, vise à responsabiliser les pays en les incitant à investir davantage dans leurs propres systèmes de santé et à réduire leur dépendance à l’aide extérieure. Une transition qui, selon Steiger, doit être prudente et adaptée à chaque contexte.

« Ces transitions doivent être soigneusement étudiées », souligne-t-il. « La capacité des institutions nationales à financer ce que les donateurs fournissaient varie considérablement d’un pays à l’autre. Certains sont prêts à assumer la responsabilité et le coût, d’autres, plus pauvres, plus touchés par les conflits, auront besoin de plus de temps. »

L’Amérique d’abord, mais pas un repli sur soi

La stratégie « America First Global Health », qui privilégie les accords bénéficiant aux États-Unis, a suscité des critiques quant à son impact sur le « soft power » américain. Steiger nuance cette perception.

« La stratégie est claire sur les liens que des investissements intelligents peuvent avoir à la fois pour accroître notre sécurité sanitaire mondiale et pour créer des opportunités économiques pour les entreprises américaines », affirme-t-il. « Même si les niveaux de soutien américain peuvent être différents de ceux du passé, l’Amérique ne se retire pas. Les programmes qui survivent sont plus ciblés, plus efficaces et plus liés à l’intérêt national américain, mais ils continueront à sauver des vies. »

Malaria No More : un nouveau chapitre axé sur l’innovation

Le choix de Steiger pour diriger Malaria No More marque un tournant pour l’organisation. Son expérience au sein de l’administration Trump lui confère une compréhension approfondie des priorités politiques actuelles et des défis auxquels est confrontée la lutte antipaludique.

« Je crois profondément en la mission de Malaria No More : éradiquer le paludisme », déclare Steiger. « C’est un honneur d’entrer en fonction à un moment crucial pour la santé mondiale. »

L’organisation se concentrera sur la promotion de nouvelles technologies et la vulgarisation scientifique pour sensibiliser les décideurs et le grand public. Parmi les innovations prometteuses, Steiger cite les tests de diagnostic rapide permettant de différencier le paludisme d’autres maladies fébriles, ainsi que la technologie de « gene drive », une méthode de modification génétique des moustiques pour bloquer la transmission du paludisme, actuellement en phase de test en Afrique.

Un outil révolutionnaire : le spatial emanator Guardian

Un autre outil qui suscite l’enthousiasme de Steiger est le « spatial emanator » Guardian, développé par SC Johnson. Cet appareil, qui diffuse un insecticide dans une pièce sans nécessiter d’électricité ni de piles, pourrait révolutionner la prévention du paludisme.

« Les moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été un pilier de la protection des familles contre le paludisme pendant longtemps », explique Steiger. « Mais elles sont coûteuses et encombrantes. Le spatial emanator offre une alternative prometteuse, réduisant le coût de la protection à environ 18 cents par personne. » https://www.who.int/news/item/13-08-2025-who-recommends-spatial-emanators-for-malaria-vector-control-and-prequalifies-first-two-products

Un combat urgent et rentable

Malgré les progrès réalisés, le paludisme reste un fléau mondial, responsable de 610 000 décès en 2024. Steiger exprime son inquiétude face à la complaisance et au fatalisme qui peuvent freiner les efforts de lutte.

« Parfois, les gens ont l’impression que le paludisme a toujours existé et qu’il existera toujours », déplore-t-il. « Il faut leur faire comprendre que nous disposons bientôt de nouveaux outils pour mettre fin à ce fléau de notre vivant. »

Steiger se montre optimiste quant à la possibilité d’éradiquer le paludisme, soulignant que l’investissement américain dans la lutte antipaludique génère un retour économique de 5,80 dollars pour chaque dollar investi. https://e1.nmcdn.io/assets/mnm/wp-content/uploads/2025/09/Malaria-Economics-Report.pdf

« Nous pouvons gagner ce combat, et nous en bénéficions en même temps », conclut-il. La nomination de Bill Steiger à la tête de Malaria No More marque un nouveau chapitre dans la lutte contre cette maladie dévastatrice, un chapitre axé sur l’innovation, l’autonomie et un engagement renouvelé à sauver des vies.

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