Path of Exile 2 a franchi une étape majeure avec son extension Return of the Ancients, propulsant le jeu à la 15ᵉ place des classements des cybercafés mondiaux dès le 1ᵉʳ juin 2026, soit une ascension fulgurante de 37 places après la sortie de la mise à jour. Avec une moyenne de 160 minutes de session par joueur et un pic à 420 000 joueurs simultanés sur Steam, l’impact de cette refonte de l’endgame — incluant un système de runes inédit et deux nouvelles classes d’ascendance — redéfinit les attentes des fans d’ARPG depuis son lancement en accès anticipé.
Une refonte de l’endgame qui divise déjà les joueurs
Le cœur de cette mise à jour, baptisée Runes of Aldur et déployée le 29 mai 2026, repose sur un mécanisme de Runecrafting où les joueurs insèrent des runes sur des Remnants d’Ezomyte pour forger des équipements aux propriétés uniques — à condition d’affronter des ennemis renforcés par ces mêmes runes. Selon Invenglobal, ce système de risque-récompense a déjà transformé l’économie du jeu : les runes rares et le Verisium (une nouvelle ressource) sont devenus des actifs monnayables, poussant les joueurs à réorganiser leurs stratégies de farming. Les Kalguuran Skills, compétences indépendantes des attributs classiques, permettent par ailleurs d’exploiter le Runic Ward — un bouclier absorbant les dégâts — de manière inédite, ouvrant la voie à des builds hybrides jamais vus auparavant.

Pour les développeurs de Grinding Gear Games (GGG), cette refonte marque un tournant : « C’est de loin la plus grosse mise à jour que nous ayons jamais réalisée, pour Path of Exile 1 ou 2 », a déclaré le directeur Jonathan Rogers lors d’une conférence de presse citée par GameWatcher. Contrairement aux habitudes, les notes complètes de la mise à jour n’ont été publiées que le 21 mai — une semaine avant le lancement — en raison des tests approfondis menés par l’équipe. Cette version 0.5.0 est aussi la dernière avant la sortie officielle de Path of Exile 2 en version 1.0, prévue « après ExileCon » (fin novembre 2026), selon Rogers.
« Cette expansion se concentre sur du contenu endgame à grande échelle que les utilisateurs attendaient depuis longtemps, et nous observons des réactions positives non seulement aux nouvelles classes d’ascendance, mais aussi aux ajustements d’équilibre. »
L’Atlas revisité : quand la quête narrative remplace la répétition
L’un des changements les plus visibles concerne l’Atlas, zone d’endgame emblématique du jeu. Désormais, les joueurs ne dépendent plus de la chance pour obtenir des clés de donjon : chaque boss est accessible via des quêtes dédiées, et la forteresse centrale — révélée dans la bande-annonce — se déverrouille progressivement en fonction des défis relevés. GameTyrant décrit cette refonte comme une « réinvention complète » : les donjons proposent désormais des mécaniques uniques (ennemis encapsulés dans des cristaux d’essence, esprits Azmeri sautant entre les monstres), et l’arbre des passifs de l’Atlas offre des choix multiples pour personnaliser son expérience.

Cette approche narrative, couplée à cinq nouvelles lignes d’histoire et à 15 nouveaux boss (dont quatre « Pinnacle » — des défis ultimes), répond à une frustration récurrente des joueurs : la lassitude face aux boucles de combat répétitives. « Avant, l’endgame était une usine à grinds », explique un joueur anonyme cité par Vocal Media. « Là, on a l’impression de progresser vers quelque chose de concret. » Les nouveaux systèmes de défis — récompensant des objets cosmétiques — et l’intégration d’un guide de builds natif (outils pour optimiser ses personnages) confirment cette volonté de moderniser l’expérience.
Deux nouvelles classes d’ascendance : Spirit Walker et Martial Artist
Les deux ajouts phares de cette mise à jour sont les ascendances Spirit Walker (pour le Huntress) et Martial Artist (pour le Monk). La première permet d’invoquer des esprits animaux — jusqu’à dompter des boss — tandis que la seconde mise sur le combat à mains nues, les mirages et des attaques basées sur les Fists of Stone. IGN souligne que ces classes ciblent des niches sous-exploitées : la maîtrise des esprits pour le Huntress, et un style de jeu axé sur la précision plutôt que sur les dégâts bruts pour le Monk.
Pour choisir sa classe, les joueurs peuvent se référer au tier list mis à jour par Maxroll, une référence dans la communauté. Ce classement hiérarchise les ascendances selon leur puissance et leur adaptabilité aux contenus futurs. Par exemple, le Spirit Walker est plébiscité pour son potentiel en endgame grâce à sa capacité à « tamer des boss », une mécanique inédite dans l’univers de Path of Exile. À l’inverse, le Martial Artist séduit par sa polyvalence : ses bells (cloches) et ses illusions offrent des options tactiques absentes des builds traditionnels.
Un impact économique déjà visible — et des risques pour les nouveaux joueurs
L’introduction des runes et du système de craft a bouleversé l’économie du jeu. Selon Vocal Media, les runes rares — comme celles liées aux éléments Feu ou Lune — se négocient à des prix records, tandis que le Verisium (ressource de craft) est devenu un actif spéculatif. Les joueurs expérimentés misent sur des farmings spécialisés dans les donjons de la ligue Runes of Aldur plutôt que sur les méthodes classiques, créant une fracture entre ceux qui maîtrisent les nouveaux mécanismes et les nouveaux arrivants.

Ce phénomène rappelle les dynamiques observées dans Path of Exile 1 lors de mises à jour majeures, où une courbe d’apprentissage abrupte pouvait décourager les joueurs occasionnels. « Les premiers jours de la ligue, j’ai vu des joueurs abandonner parce qu’ils ne comprenaient pas comment combiner les runes pour maximiser leurs gains », témoigne un trader sous le pseudonyme U4gm sur les forums officiels. Les développeurs ont tenté de pallier ce problème avec des outils comme le Build Guide intégré et des tutoriels vidéo, mais l’écart persiste entre les stratégies optimisées et les approches basiques.
Vers la sortie officielle : que réserve ExileCon 2026 ?
Avec cette mise à jour 0.5.0, Path of Exile 2 achève son cycle d’accès anticipé. La version 1.0, annoncée pour « après ExileCon » (novembre 2026), devrait apporter des corrections de bugs et des polishs, mais aucune nouvelle mécanique majeure n’est attendue. L’événement d’Auckland sera crucial pour plusieurs raisons :
- Annonce des roadmaps post-1.0 : GGG pourrait révéler des lignes directrices pour les futures mises à jour, notamment concernant l’équilibrage des classes et l’expansion du lore.
- Démonstrations en direct : Les joueurs pourront voir en action les mécaniques les plus complexes, comme le système de runes ou les nouveaux boss, via des streams ou des présentations.
- Feedback communautaire : Les retours des joueurs sur les déséquilibres actuels (notamment entre les ascendances) pourraient influencer les prochains patches.
En attendant, la communauté reste divisée sur l’avenir du jeu. Certains saluent la refonte de l’endgame comme une révolution, tandis que d’autres critiquent le rythme effréné des changements, qui rend les builds obsolètes dès leur publication. « GGG a fait un travail monstrueux, mais le jeu reste en alpha », résume un modérateur de forum. La question qui domine les discussions est simple : cette mise à jour marque-t-elle le début d’une nouvelle ère pour Path of Exile, ou simplement une étape dans un cycle de développement encore long ?
Une chose est sûre : avec 420 000 joueurs en ligne simultanément et une popularité en hausse dans les cybercafés asiatiques, Path of Exile 2 a prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les titans établis du genre. Reste à savoir si cette dynamique se maintiendra après la sortie officielle — ou si les joueurs, lassés par les ajustements constants, chercheront ailleurs leur prochaine obsession.
