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Biélorussie : Libération de Mikalai Statkevich, opposant politique

Opposant biélorusse libéré après un AVC, Amnesty International dénonce une “profonde absence de justice”

MINSK, Biélorussie – Mikalai Statkevich, figure de proue de l’opposition biélorusse emprisonnée depuis 2020, a été libéré le 19 février, a confirmé sa femme, Marina Adamovich. Sa libération, survenue après un AVC et une hospitalisation en prison, est accueillie avec un mélange de soulagement et d’indignation par les organisations de défense des droits de l’homme.

Marie Struthers, directrice pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale chez Amnesty International, a déclaré que la libération de Statkevich ne saurait effacer les années d’injustice et de souffrance endurées par l’opposant. “Notre soulagement est tempéré par notre indignation face à la profonde injustice et aux préjudices personnels qu’il a subis pendant des années derrière les barreaux, purgeant une peine d’emprisonnement infondée, passée en grande partie à l’isolement prolongé,” a-t-elle affirmé. “Relâcher un prisonnier de conscience après un AVC n’est pas de la justice, c’est le signe de son absence profonde.”

Statkevich, 69 ans, ancien candidat à la présidence et critique virulent du régime d’Alexandre Loukachenko, avait été arrêté le 31 mai 2020, puis condamné à 14 ans de prison pour “organisation de troubles massifs” – des accusations que ses partisans dénoncent comme étant fabriquées.

Son parcours récent a été particulièrement chaotique. Libéré brièvement en septembre 2025 dans le cadre d’un accord politique entre la Biélorussie et les États-Unis, il a refusé l’exil forcé et a été secrètement ramené en prison après avoir été brièvement porté disparu à la frontière. Durant cette dernière détention, il a été maintenu à l’isolement, a contracté à plusieurs reprises la COVID-19 et a subi un AVC le 21 janvier 2026.

La libération de Statkevich intervient dans un contexte de répression continue contre l’opposition et les voix dissidentes en Biélorussie. Selon le centre biélorusse des droits de l’homme Viasna, au moins 1 144 personnes sont actuellement considérées comme des prisonniers politiques dans le pays, un chiffre probablement sous-estimé en raison des restrictions imposées par les autorités à la collecte d’informations.

Amnesty International appelle les autorités biélorusses à mettre fin à la pratique de l’emprisonnement des militants, des journalistes et des critiques du gouvernement pour l’exercice pacifique de leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion. L’organisation réclame également la libération immédiate et inconditionnelle de tous les individus injustement détenus et emprisonnés sur des motifs politiques, citant notamment Nasta Loika, Marfa Rabkova, Valiantsin Stefanovich et Vital Chopik.

“Les autorités biélorusses ont commis des violations flagrantes des droits de l’homme. Elles doivent pleinement se conformer à leurs obligations internationales en matière de droits de l’homme et les responsables de ces violations doivent être tenus de rendre compte,” a conclu Marie Struthers.

Ce cas souligne la situation préoccupante des droits de l’homme en Biélorussie, un pays régulièrement critiqué par la communauté internationale pour son bilan en matière de libertés civiles et politiques. La libération de Statkevich, bien que positive, ne représente qu’un premier pas vers une amélioration significative de la situation.

[Intégration potentielle d’un tweet récent d’une organisation de défense des droits de l’homme sur la situation en Biélorussie, ou d’une courte vidéo YouTube d’une manifestation en faveur de la libération de Statkevich.]

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