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BHP : le cuivre dépasse le fer, un signal fort pour l’IA

Le cuivre détrône le fer chez BHP : un signal fort pour l’ère de l’IA

Sydney, Australie – Un basculement historique vient de se produire chez BHP, le géant minier mondial. Pour la première fois en 170 ans d’existence, le cuivre a généré plus de bénéfices que le fer, un changement structurel qui pourrait redéfinir les stratégies d’investissement pour la prochaine décennie, alors que la demande en infrastructures liées à l’intelligence artificielle (IA) explose.

Les résultats semestriels publiés mardi ont dépassé les attentes de Wall Street, avec un bénéfice sous-jacent en hausse de 22 % à 6,2 milliards de dollars. Mais c’est ce changement de paradigme qui attire l’attention des analystes. Le cuivre, incluant les sous-produits d’or et d’argent, a généré 7,95 milliards de dollars de bénéfices opérationnels, représentant 51 % du chiffre d’affaires total de BHP, contre 7,50 milliards de dollars pour le fer.

Ce revirement est alimenté par une augmentation de 32 % des prix réalisés du cuivre, combinée à une production robuste de la mine d’Escondida au Chili, la plus grande mine de cuivre au monde. Le chiffre d’affaires global a progressé de 11 % pour atteindre 27,9 milliards de dollars, avec une marge EBITDA stable à 58 %.

Un dividende record et une confiance renouvelée

Les investisseurs ont réagi positivement. L’action BHP a bondi de 7 % à la Bourse australienne (ASX), atteignant un sommet historique, tandis que l’ADR cotée au NYSE a ouvert à près de 74 dollars, en hausse par rapport à la clôture de vendredi à 73,38 dollars.

Le dividende proposé de 0,73 dollar par action, en hausse de 46 % par rapport à l’année précédente et dépassant les prévisions des analystes, a particulièrement séduit. “Ils ont pulvérisé les attentes de tous en termes de dividendes”, a déclaré Andy Forster, gestionnaire de portefeuille chez Argo Investments et actionnaire de BHP.

Le PDG de BHP, Mike Henry, a salué ces résultats comme une validation de la stratégie à long terme de l’entreprise. “Cela nous permet de maximiser les bénéfices accrus de la récente hausse des prix du cuivre, ainsi que de l’or”, a-t-il déclaré. “Avec quatre options de croissance prometteuses au Chili, en Argentine, en Arizona et en Australie-Méridionale, nous sommes bien positionnés pour profiter de la hausse prévue des prix du cuivre à long terme.”

Le cuivre, le nouvel or noir ?

Ce changement n’est pas le fruit du hasard. La demande de cuivre est en plein essor, tirée par la nécessité de construire des centres de données pour l’IA, des véhicules électriques, des réseaux électriques et des infrastructures d’énergie renouvelable. Un seul centre de données pour l’IA nécessite 30 à 50 fois plus de cuivre qu’une ferme de serveurs traditionnelle.

Selon les estimations de Goldman Sachs, la demande d’électricité liée à l’IA seule ajoutera 500 000 tonnes de consommation annuelle de cuivre d’ici 2030. Cela s’ajoute à la demande existante des véhicules électriques (chaque véhicule en utilise 50 à 80 kg contre 20 kg pour une voiture conventionnelle) et à la transition mondiale vers l’électrification.

L’offre peine à suivre

L’offre, elle, peine à suivre. BHP a relevé ses prévisions de production pour 2026 à 1,9 à 2,0 millions de tonnes et a amélioré ses perspectives pour Escondida en 2027 à 1,0 à 1,1 million de tonnes. Cependant, l’ensemble de l’industrie est confronté à des difficultés. Les approbations de nouvelles mines sont au plus bas depuis des décennies, les teneurs en minerai diminuent et les nouveaux projets nécessitent 10 à 15 ans entre la découverte et la première production.

Les contrats à terme sur le cuivre se maintiennent autour de 5,90 dollars la livre, en baisse par rapport au pic de 6,50 dollars en fin janvier, mais restent à peu près deux fois plus élevés qu’il y a deux ans. Goldman Sachs, BNP Paribas et Deutsche Bank prévoient tous une hausse des prix d’ici 2026 et au-delà.

Comment profiter de ce “supercycle” du cuivre ?

Les résultats de BHP soulignent que l’investissement dans le cuivre ne se limite pas au prix du métal. Il s’agit également de l’effet de levier opérationnel, de la croissance des dividendes et de l’expansion des marges des entreprises bien positionnées. Voici quelques pistes à explorer :

  • BHP Group (BHP) : Un point de départ évident, avec un rendement de dividende approchant 4 % après l’augmentation de 46 %. L’accord de streaming d’argent de 4,3 milliards de dollars avec Wheaton Precious Metals (WPM) débloque une valeur supplémentaire et témoigne de l’engagement de la direction à monétiser les actifs non essentiels.
  • Freeport-McMoRan (FCX) : Le principal producteur de cuivre aux États-Unis, avec une mine de Grasberg en Indonésie, l’une des plus riches en cuivre et en or au monde.
  • Antofagasta (ANTO) : Le producteur de cuivre à faible coût mondial, avec les meilleurs ratios de réserves à production et une marge EBITDA de près de 56 %.
  • Teck Resources (TECK) : Un acteur en pleine transformation, avec 80 % de son chiffre d’affaires prévisionnel de 2027 provenant du cuivre. La fusion avec Anglo American pourrait créer une entité de 50 milliards de dollars axée sur le cuivre.
  • Global X Copper & Precious Metals ETF (COPX) : Une option pour une exposition diversifiée sans le risque lié à une seule action.

Les risques à surveiller

L’économie chinoise reste un facteur d’incertitude. La pause du Nouvel An lunaire a entraîné une baisse du prix du cuivre en dessous de 6,00 dollars, rappelant que la demande asiatique est un moteur important du marché. Une détérioration du secteur immobilier chinois pourrait également freiner la demande de cuivre.

De plus, les valorisations des sociétés minières de cuivre ont dépassé les objectifs moyens des analystes. BHP à 74 dollars et FCX à 63 dollars se négocient au-dessus de leurs prévisions. Cela ne signifie pas qu’elles sont surévaluées, mais cela crée une vulnérabilité à court terme en cas de baisse du prix du cuivre ou de repli des marchés.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines

Trois événements pourraient influencer le marché du cuivre dans les prochaines semaines : la finalisation de l’accord de streaming d’argent de BHP avec Wheaton, la réouverture des marchés chinois après le Nouvel An lunaire et la publication des résultats de NVIDIA, qui donneront un aperçu des dépenses en capital liées à l’IA.

Le monde minier a envoyé un signal clair : le cuivre est l’avenir. Et lorsque BHP change de cap, le reste de l’industrie suit.

[Image d’une mine de cuivre moderne, source : Getty Images]

[Lien vers un article de Reuters sur la demande de cuivre pour l’IA : [URL invalide supprimée]]

[Tweet d’un analyste financier sur les perspectives du cuivre : [URL invalide supprimée]]

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