Le cours du pétrole Brent a chuté sous les 71 dollars le jeudi 2 juillet 2026, après l’annonce par le Qatar de « progrès positifs » lors de discussions indirectes entre les États-Unis et l’Iran. Ces négociations à Doha visent à sceller un accord de paix permanent et à stabiliser l’offre énergétique mondiale.
Le marché réagit à une détente diplomatique fragile. Le Brent, référence internationale, a reculé de plus de 1 % jeudi pour s’établir sous la barre des 71 dollars, selon Al Jazeera. Ce niveau de prix n’avait pas été atteint depuis le 27 février, veille du début du conflit.
L’impact est massif si l’on observe la trajectoire depuis le pic post-guerre. Le cours du Brent a plongé de plus de 38 % par rapport à son sommet de plus de 126 dollars enregistré le 30 avril.
Les négociations de Doha et la position de Donald Trump
Le processus diplomatique s’est accéléré mardi dernier à Doha. Sous l’égide de médiateurs qataris et pakistanais, des envoyés américains, dont Jared Kushner et Steve Witkoff, ont mené des discussions indirectes avec Téhéran. L’objectif central est la résolution des points de friction liés au mémorandum d’entente (MoU) visant la fin des hostilités.
Le président Donald Trump a publiquement soutenu la dynamique des échanges. Mercredi, il a affirmé devant les journalistes que les discussions progressaient bien.
« La dénucléarisation de l’Iran progresse bien »
Donald Trump, Président des États-Unis, via Al Jazeera
Cette phase de dialogue intervient après une période de tension extrême. Le week-end dernier, un cessez-le-feu de 60 jours a failli s’effondrer suite à des attaques iraniennes contre deux navires commerciaux, lesquelles avaient provoqué des frappes de représailles américaines sur le sol iranien. Selon CNBC, les investisseurs intègrent désormais la possibilité d’un apaisement durable, ce qui réduit la prime de risque liée aux ruptures d’approvisionnement.
La reprise du trafic dans le détroit d’Hormuz
Le détroit d’Hormuz, point de passage névralgique pour un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, montre des signes de redressement. Cependant, les données divergent selon les sources sur l’ampleur de cette reprise.
L’insécurité persiste malgré le MoU signé le 17 juin, dans lequel l’Iran s’engageait à faire ses « meilleurs efforts » pour garantir le passage sécurisé des navires. MarineTraffic a recensé au moins 49 attaques contre des navires commerciaux depuis le début de la guerre, la plupart attribuées aux forces de Téhéran.
Analyse des marchés : entre optimisme et instabilité
Photo: Al Jazeera
Le recul des prix ne traduit pas nécessairement une stabilité acquise. Pour ING, l’optimisme du marché concernant la normalisation des flux en provenance du golfe Persique explique pourquoi le Brent a connu son pire trimestre depuis le début de l’année 2020.
Vandana Hari, fondatrice de Vanda Insights, souligne que le sentiment géopolitique est « prudemment optimiste ». Elle note que si les deux parties semblent avoir renoncé à la confrontation sur le régime de transit intérimaire d’Hormuz, plusieurs points clés du mémorandum restent non résolus.
« Je m’attends à ce que le brut continue de baisser jusqu’à ce que le stock de barils bloqués soit résorbé, et les prix pourraient même tomber en zone de survente. Le véritable test de la normalisation de l’offre du golfe Persique viendra après cela, nécessitant un nouveau recalibrage de l’équilibre offre-demande. »
Vandana Hari, fondatrice de Vanda Insights, via Al Jazeera
De son côté, Neil Crosby de Sparta Commodities avertit que le retour aux prix pré-guerre n’est pas garanti. Selon lui, la chute actuelle reflète une « conviction partielle » que les hostilités sont terminées, mais la situation demeure instable, tant sur le plan politique que sur celui des fondamentaux du marché.
Perspectives immédiates pour les cours du brut
À court terme, la volatilité restera élevée. Les marchés surveillent deux facteurs critiques : la levée effective des blocages de cargaisons dans le golfe et la concrétisation d’un accord de paix permanent.
Le point de clôture du jeudi a montré une légère divergence selon les contrats. Les contrats Brent pour livraison en septembre ont terminé à 71,80 dollars, après un gain de 23 cents. Le West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en août a clôturé à 68,69 dollars, en hausse de 11 cents.
L’enjeu pour les prochaines semaines sera de déterminer si le recul des prix est une correction technique liée à la fin d’une crise aiguë ou le début d’un nouveau cycle baissier dicté par une offre abondante et une diplomatie redevenue fonctionnelle.