Home ÉconomieMarché algérien des assurances : croissance quasi nulle au T1 2026, l’automobile tire à 11,8 %

Marché algérien des assurances : croissance quasi nulle au T1 2026, l’automobile tire à 11,8 %

Un marché en équilibre fragile, soutenu par l’automobile

Le marché national des assurances algérien a affiché une quasi-stagnation au premier trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires de 57,3 milliards de dinars (DA), en hausse de 0,2 % par rapport à la même période de 2025, selon une note de conjoncture du Conseil national des assurances (CNA), rapporte aps.dz.

Un marché en équilibre fragile, soutenu par l’automobile

L’assurance automobile s’est imposée comme le principal moteur du marché, générant 25,18 milliards DA, soit une progression de 11,8 % par rapport à 2025. Cette dynamique s’explique par l’augmentation des risques non obligatoires, qui ont atteint 20,17 milliards DA (+12,7 %), ainsi que la reprise de l’importation de véhicules de moins de trois ans. Le CNA souligne que le segment des flottes et l’élargissement du réseau de distribution ont également contribué à cette croissance, avec une hausse de 6,6 % des contrats automobiles, soit plus de 132.000 affaires supplémentaires.

Le secteur automobile demeure la colonne vertébrale du paysage assurantiel en Algérie. Historiquement, cette branche représente une part prépondérante du portefeuille des sociétés d’assurances, agissant souvent comme un indicateur avancé de la consommation des ménages et de l’activité des entreprises en matière de renouvellement de parcs. La corrélation directe entre les politiques d’importation de véhicules et le chiffre d’affaires des assureurs est un phénomène bien documenté dans les rapports annuels du CNA, illustrant la dépendance du secteur aux flux logistiques et aux décisions réglementaires liées à l’automobile.

Des branches en recul, des dynamiques contrastées

En revanche, l’assurance conventionnelle a connu un repli de 1,8 %, à 52,35 milliards DA, avec une contraction de 1,4 % pour les assurances de dommages (45,94 milliards DA) et un recul de 4,5 % pour les assurances de personnes (6,41 milliards DA). La branche incendie et risques divers (IRD) a été particulièrement affectée, avec un chiffre d’affaires en baisse de 16,2 % à 17,46 milliards DA, principalement en raison de la chute des contrats liés à l’engineering et au « tous risques montage ».

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Le recul de la branche IRD souligne une vulnérabilité structurelle liée au ralentissement de certains grands projets d’investissement ou chantiers d’infrastructure. Dans le secteur des assurances, la branche IRD est traditionnellement corrélée aux cycles économiques industriels. Lorsqu’une baisse est constatée dans les contrats d’« engineering » ou de « tous risques montage », cela reflète généralement une période de transition ou d’attente dans le lancement de nouveaux projets industriels d’envergure nationale, dont la couverture assurantielle constitue une étape préalable indispensable.

À l’inverse, la branche agricole a connu une forte progression de 30,1 %, à 836,2 millions DA, portée par l’augmentation des sous-branches animale (+45,7 %) et végétale (+23,6 %). Le CNA attribue cette évolution à des efforts commerciaux ciblés, à l’extension du dispositif « Crédit R’FIG » et à des conditions climatiques favorables.

Le Takaful et la réassurance internationale compensent les déclins

Les assurances Takaful, basées sur des principes islamiques, ont maintenu une dynamique positive, tout comme les activités de réassurance internationale. Ces deux segments ont permis de compenser les baisses observées dans d’autres branches. Le CNA note que l’expansion du Takaful s’inscrit dans un contexte de demande croissante pour des produits conformes aux valeurs religieuses, tandis que la réassurance internationale profite à la fois des réseaux de partenariats et de la stabilisation des marchés étrangers.

Le Takaful et la réassurance internationale compensent les déclins
Photo: horizons.dz

Le développement du Takaful en Algérie suit une tendance de fond observée à travers plusieurs pays de la région MENA. En offrant des alternatives conformes à la finance islamique, les assureurs cherchent à capter une clientèle nouvelle, élargissant ainsi la base de pénétration de l’assurance dans l’économie réelle. Parallèlement, la réassurance internationale joue un rôle de stabilisateur financier, permettant aux assureurs nationaux de transférer une partie des risques lourds (notamment sur les grands risques industriels) vers des marchés mondiaux, réduisant ainsi l’exposition directe du bilan des compagnies locales en cas de sinistres majeurs.

Quels enjeux pour les prochains mois ?

Les tendances observées au premier trimestre 2026 suggèrent un marché en transition. L’automobile et le Takaful devraient continuer à jouer un rôle clé, mais les contraintes sur l’assurance conventionnelle et l’IRD pourraient persister. Le CNA devra surveiller l’impact des politiques publiques, notamment l’encadrement des tarifs et la modernisation des réglementations, pour éviter une dégradation plus marquée. horizons.dz relève que les prochaines mesures de soutien à l’agriculture et à l’industrie pourraient influencer l’équilibre global du secteur.

Le régulateur, à travers ses notes de conjoncture, joue un rôle pivot dans la surveillance de la solvabilité des acteurs du marché. La stabilité du secteur des assurances reste une priorité nationale, car elle garantit la protection des actifs économiques et des particuliers. À mesure que les compagnies adaptent leurs modèles d’affaires, l’enjeu pour le reste de l’année 2026 reposera sur la capacité des assureurs à diversifier leurs sources de revenus au-delà de la dépendance classique à l’automobile, tout en maintenant une gestion rigoureuse des risques techniques.

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