La Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, portant la fourchette cible entre 3,75 et 4 procent.
Face à une inflation persistante alimentée notamment par les prix des carburants, la banque centrale des États-Unis a choisi d’agir. Les responsables de la politique monétaire ont opté pour une hausse d’un quart de point, ramenant le taux principal à un niveau compris entre 3,75 et 4 procent. C’est la première fois que l’institution procède à un tel relèvement depuis trois ans, rompant avec une longue période de statu quo où les taux étaient restés inchangés lors des cinq dernières réunions, selon les détails chiffrés publiés sur les taux.
Un bras de fer institutionnel avec Donald Trump
Ce relèvement intervient en contradiction directe avec les souhaits répétés du président Donald Trump, qui milite activement pour des coûts d’emprunt au plus bas. Le chef de l’État soutenait publiquement une politique d’assouplissement monétaire et avait même désigné Kevin Warsh à la tête de l’institution en mai dernier dans cette perspective.
Le contraste est saisissant avec la gestion précédente. Donald Trump avait multiplié les critiques acerbes contre Jerome Powell, prédécesseur de l’actuel dirigeant, lui reprochant de ne pas abaisser les taux de manière plus agressive. La dernière réduction des taux remonte à décembre, marquant alors la troisième baisse consécutive avant le changement de cap actuel orchestré par la nouvelle direction.
Inflation persistante et perspectives économiques
Le moteur principal de cette décision demeure la hausse des prix à la consommation. En août, l’inflation aux États-Unis s’établissait à 3,4 pour cent sur une base annuelle. Cette pression inflationniste trouve en grande partie son origine dans l’envolée des cours du pétrole et des carburants, attisée par le conflit en cours au Moyen-Orient. L’objectif officiel de la banque centrale reste de ramener la hausse des prix autour de 2 pour cent.
Malgré le resserrement du crédit, l’institution se montre optimiste quant à la santé globale de l’économie. Les prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année ont été légèrement relevées, passant de 2,2 pour cent à 2,3 pour cent. Les autorités monétaires estiment que l’activité progresse de manière solide et que la consommation intérieure demeure résistante, en dépit d’un climat d’incertitude accru.
Un mouvement de resserrement global et le calendrier à venir
La Réserve fédérale n’est pas isolée dans sa démarche. Par cette décision, elle emboîte le pas à la Banque centrale européenne, qui avait elle aussi opté pour un second relèvement de ses taux un peu plus tôt pour contrer les tensions sur les prix. La trajectoire américaine ne s’arrête pas là, puisque les marchés et les observateurs s’attendent à un nouveau quart de point supplémentaire d’ici la fin de l’année.

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