BAFTA, BBC et Trump : une escalade inquiétante de la rhétorique raciste
Londres/Washington – Une série d’incidents récents, allant d’une gaffe lors de la cérémonie des BAFTA Awards à des publications incendiaires de Donald Trump, met en lumière une inquiétante normalisation de la rhétorique raciste et une hésitation des institutions à la combattre efficacement.
Lors de la cérémonie des BAFTA Awards à Londres le 23 février, un incident malheureux a vu John Davidson, dont la vie avec le syndrome de Tourette a inspiré le film "I Swear", proférer involontairement une insulte raciale alors que les acteurs Michael B. Jordan et Delroy Lindo présentaient un prix. La diffusion initiale de la BBC n’a pas censuré le terme, et il a fallu près de 15 heures pour le retirer de sa plateforme de streaming, iPlayer.
La BBC a justifié cette omission par une "erreur", tout en supprimant simultanément une déclaration du réalisateur Akinola Davies Jr. appelant à "libérer la Palestine", qu’elle a jugée offensante. Cet écart a suscité l’indignation, soulignant ce que certains considèrent comme un manque de cohérence et un biais dans les priorités de la chaîne publique.
L’incident de la BBC n’est pas isolé. Google a également présenté ses excuses après que son système d’alerte d’actualités généré par ordinateur ait inclus l’insulte raciale dans une notification concernant l’incident des BAFTA.
Parallèlement, aux États-Unis, l’ancien président Donald Trump continue de susciter la controverse avec des publications incendiaires sur sa plateforme Truth Social. Récemment, il a partagé une vidéo dépeignant Barack et Michelle Obama comme des singes, une image ouvertement raciste. Bien que la publication ait été supprimée 12 heures plus tard, et que la Maison Blanche ait attribué la responsabilité à un membre du personnel, Trump n’a pas présenté d’excuses, affirmant qu’il n’avait pas vu la partie raciste de la vidéo.
La réaction de Trump à la performance de Bad Bunny lors du Super Bowl LX, qualifiée de "terrible choix" et accusée de "semer la haine", a également alimenté les tensions xénophobes.
Ces incidents s’inscrivent dans un contexte plus large de recul des normes de civilité et de montée de la rhétorique haineuse. L’article original souligne également les inquiétudes concernant les tentatives de réécriture de l’histoire de l’esclavage et les pressions exercées sur les médias pour éviter de s’aliéner des personnalités influentes, notamment par le biais d’une "FCC instrumentalisée".
John Davidson a exprimé sa "profonde consternation" si ses tics involontaires étaient perçus comme intentionnels ou porteurs de sens. Il a quitté la salle pendant la cérémonie pour éviter d’autres incidents.
L’incident des BAFTA, bien que non intentionnel, rappelle la puissance destructrice des mots et la nécessité d’une vigilance constante. Le film "Sinners", dans lequel Jordan et Lindo ont joué, illustre la réalité brutale du racisme et de la discrimination, rappelant que l’insulte raciale n’est pas simplement un mot, mais un vestige d’un passé douloureux.
Les excuses de BAFTA pour avoir mis ses invités dans une "situation très difficile" et ses remerciements à Jordan et Lindo pour leur "incroyable dignité et professionnalisme" ont été jugées insuffisantes par certains, qui estiment que la responsabilité incombe aux institutions, et non aux victimes.
