Washington — Une proposition de l’administration Trump, dévoilée vendredi, pourrait suspendre indéfiniment la délivrance de permis de travail aux demandeurs d’asile, suscitant l’inquiétude des défenseurs des droits des immigrants.
Le projet de réglementation, publié par les Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS), prévoit l’arrêt de l’acceptation des demandes de permis de travail lorsque les délais de traitement moyens de l’agence dépassent 180 jours. Ce qui, selon le document, pourrait entraîner une pause “prolongée, voire de plusieurs années”.
La proposition va plus loin en augmentant le délai d’attente avant qu’un demandeur d’asile puisse même être éligible à un permis de travail, passant de 150 à 365 jours. Ce changement, si adopté, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour des milliers de personnes en attente d’une décision sur leur demande d’asile, les privant de la possibilité de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.
“Forcer des individus qui travaillent et vivent légalement aux États-Unis à quitter leur emploi est non seulement cruel, mais c’est une mauvaise politique”, a déclaré Conchita Cruz, co-directrice exécutive de l’Asylum Seeker Advocacy Project. “Si cette réglementation entre en vigueur, elle nuira aux familles américaines, aux entreprises et à l’économie américaine.”
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à restreindre l’immigration légale et à réduire les avantages humanitaires. Récemment, le Département de la Sécurité intérieure a cherché à mettre fin au statut de protection temporaire (TPS) qui permettait à des centaines de milliers d’immigrants de travailler et d’éviter l’expulsion. Un récent mémorandum du même département autorise également la détention de réfugiés qui n’auraient pas déposé de demande de résidence permanente après leur première année aux États-Unis (voir : https://refugeerights.org/news-resources/lkt-in-newly-released-memo-dhs-claims-authority-to-detain-any-refugee-who-has-not-applied-for-a-green-card-after-a-year).
Ce n’est pas la première fois que l’administration Trump tente d’allonger les délais d’éligibilité à l’emploi pour les demandeurs d’asile. En 2020, des responsables de l’agence avaient déjà proposé d’augmenter ce délai à un an.
L’impact potentiel de cette nouvelle proposition est considérable. Selon les données de l’USCIS, plus de 160 000 demandes de permis de travail de demandeurs d’asile sont en attente. Une suspension indéfinie de ces permis pourrait non seulement plonger ces personnes dans la précarité, mais également affecter les secteurs économiques qui dépendent de leur main-d’œuvre, notamment l’agriculture, la restauration et les services à la personne.
La proposition est actuellement ouverte à la consultation publique. Les parties intéressées peuvent soumettre leurs commentaires jusqu’au [date à insérer, à vérifier sur le site du Federal Register : https://public-inspection.federalregister.gov/2026-03595.pdf]. L’avenir de ces permis de travail, et celui de milliers de demandeurs d’asile, reste incertain.
[Intégration potentielle d’un tweet ou d’une vidéo Instagram d’une organisation de défense des droits des immigrants commentant la proposition. Exemple : “🚨Nouvelle attaque contre les demandeurs d’asile ! L’administration Trump propose de suspendre les permis de travail. #Asile #Immigration #Justice”]
