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John Mbadi: 177,2 milliards pour la santé en 2026/27

L'expansion massive de la Social Health Authority

Le secrétaire au Trésor, John Mbadi, a proposé un budget de 177,2 milliards de shillings pour le secteur de la santé lors de la présentation du budget 2026/27 au Parlement, le 11 juin 2026. Cette augmentation vise à accélérer la couverture santé universelle (UHC) et à renforcer les services de santé de base à travers le Kenya.

L’expansion massive de la Social Health Authority

L'expansion massive de la Social Health Authority
Photo: standardmedia.co.ke
La transition vers un nouveau modèle de financement de la santé semble franchir une étape décisive. Selon les données présentées par le secrétaire au Trésor, le nombre de Kenyans enregistrés sous la Social Health Authority (SHA) a atteint 31,22 millions. Ce chiffre marque un contraste frappant avec les environnements précédents, où environ huit millions de personnes étaient couvertes par l’ancien National Health Insurance Fund (NHIF), aujourd’hui dissous. Cette montée en charge de la couverture nationale s’appuie sur une restructuration profonde du système de soins primaires. Le gouvernement a déjà mis en place et opérationnalisé 228 réseaux de soins de santé primaires pour rapprocher les services des communautés. Cette stratégie de proximité est soutenue par des investissements dans le capital humain, notamment avec le recrutement et la formation de 107 831 agents de santé communautaires et le déploiement de 16 810 stagiaires médicaux. Cette dynamique de croissance est au cœur de la nouvelle architecture sanitaire du pays. Comme l’indique le rapport de The Star, cette augmentation massive des inscriptions est présentée par les autorités comme une preuve tangible des progrès vers l’accès universel aux soins.

Priorités budgétaires : du traitement du cancer aux soins de base

Priorités budgétaires : du traitement du cancer aux soins de base
Photo: Capital FM Kenya
Le projet de budget 2026/27 prévoit une augmentation de près de 39 milliards de shillings par rapport à l’exercice précédent. Si les montants varient légèrement selon les sources — Capital FM Kenya rapporte un total de 177,2 milliards de shillings tandis que le Standard mentionne 175,5 milliards — l’orientation des fonds reste claire : renforcer les infrastructures et lutter contre les maladies chroniques. La lutte contre le cancer et les maladies chroniques bénéficie d’allocations ciblées pour réduire la nécessité de longs déplacements médicaux. Le plan prévoit notamment :
  • 1 milliard de shillings pour la construction d’un centre de cancérologie à l’hôpital Kiambu County Level Five.
  • 300 millions de shillings pour renforcer les services de gestion du cancer au Kenyatta National Hospital.
  • 150 millions de shillings pour l’expansion du Comprehensive Cancer Centre à l’hôpital de l’Université Kenyatta.
  • 2 milliards de shillings pour la construction d’un nouveau complexe multispécialité de 2 000 lits au Moi Teaching and Referral Hospital.
En parallèle, la gestion des fournitures médicales reste une priorité stratégique. Selon les chiffres de The Star, 29 milliards de shillings seront alloués à la Kenya Medical Supplies Authority (KEMSA) pour sécuriser l’approvisionnement en médicaments. Le budget soutient également la recherche via une dotation de 3,1 milliards de shillings pour le Kenya Medical Research Institute (KEMRI).

Le risque lié au retrait des financements internationaux

Tight security as Treasury CS John Mbadi heads to Parliament to present the 2026/27 Budget
Malgré l’augmentation globale des dépenses publiques, le secteur de la santé fait face à une vulnérabilité croissante due au désengagement des bailleurs de fonds internationaux. Cette situation crée un paradoxe : alors que le gouvernement injecte davantage de fonds nationaux, certains programmes critiques voient leurs budgets fondre. Le cas de l’immunisation est particulièrement préoccupant. Le Standard rapporte que l’allocation pour la gestion de l’immunisation est passée de 15,6 milliards de shillings dans le budget 2025/26 à seulement 6 milliards de shillings pour l’exercice à venir, une baisse drastique qui inquiète les experts sur la capacité du pays à maintenir la couverture vaccinale face au retrait d’organisations comme Gavi.
Programme de santé Allocation proposée (Sh) Contexte de financement
Global Fund (VIH, Malaria, TB) 18,5 milliards Soutien crucial face au retrait de l’USAID/PEPFAR
Vaccins et Immunisation 6,4 milliards En baisse par rapport aux soutiens passés
Soins de santé primaires 19,1 milliards Pilier de la stratégie UHC
Services de transfusion sanguine 853 millions Besoin annuel de 500 000 pintes
Cette dépendance aux financements extérieurs pour les maladies transmissibles reste un point de tension majeur. Le gouvernement tente de compenser en proposant 18,5 milliards de shillings pour les programmes soutenus par le Global Fund, afin de limiter l’impact du retrait des aides américaines via l’USAID et le PEPFAR.

Un plan d’apurement pour les dettes de l’ancien NHIF

Un autre volet essentiel de ce budget concerne la restauration de la confiance des prestataires de soins. Le gouvernement s’attaque enfin à l’héritage financier complexe laissé par le défunt NHIF, dont les factures impayées sont estimées entre 30 et 33 milliards de shillings. Conformément à une directive présidentielle datant du 5 mars 2025, le Trésor a alloué 4 milliards de shillings pour régler les créances vérifiées des établissements de santé dont les factures n’excèdent pas 10 millions de shillings.

« En accord avec la directive présidentielle qui a priorisé l’apurement des obligations impayées pour les établissements dont les créances n’excèdent pas 10 millions de shillings, les créances identifiées dans le cadre de cette allocation ont été dûment vérifiées et seront intégralement payées avant la clôture de cet exercice financier », a déclaré John Mbadi.

Un plan d'apurement pour les dettes de l'ancien NHIF
Photo: the-star.co.ke
John Mbadi, Secrétaire au Trésor Cette mesure, détaillée par The Eastleigh Voice, cible principalement les petites structures de santé pour assurer la continuité des services. Les établissements ayant des créances supérieures à ce seuil devront passer par un processus de vérification plus long avant de bénéficier d’un plan de paiement structuré prévu pour l’exercice suivant. L’enjeu est de stabiliser un système qui a longtemps souffert de retards de remboursement, menaçant la viabilité des hôpitaux publics, privés et confessionnels à travers le pays. Pour le gouvernement, la réussite de la couverture santé universelle dépendra autant de la capacité à soigner les patients que de celle à payer les fournisseurs.

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