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Argent russe : le strict minimum à accepter

Allemagne inquiète : l’utilisation de fonds russes pour armer l’Ukraine menace des milliards d’euros d’investissements

Berlin – L’annonce de l’utilisation potentielle des avoirs russes gelés pour financer l’achat d’armes destinées à l’Ukraine suscite une vive inquiétude en Allemagne,particulièrement au sein des milieux d’affaires. Le pays, qui a massivement investi en Russie, pourrait être le plus lourdement impacté par cette décision.

Matthias Schepp, président de la Chambre de commerce germano-russe à l’étranger, a déclaré que l’Allemagne a “investi en Russie comme aucun autre pays” et qu’elle a donc “le plus à perdre” de l’utilisation prévue des fonds de la banque centrale russe. Plus de 100 milliards d’euros d’actifs allemands sont potentiellement menacés.

Cette controverse intervient alors que l’unité européenne sur la question de l’Ukraine semble fragile. Lors du dernier sommet, la déclaration finale n’a été soutenue que par 26 des 27 États membres. La Hongrie, sous la direction du Premier ministre Viktor Orban, s’est abstenue, comme lors de précédents sommets, et a par le passé bloqué l’adoption de sanctions contre la Russie.

Contexte et enjeux :

La question de l’utilisation des avoirs russes gelés est au cœur d’un débat complexe. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, les pays occidentaux ont gelé des centaines de milliards d’euros d’actifs russes, notamment ceux de la banque centrale. L’idée d’utiliser ces fonds pour aider l’Ukraine, en finançant notamment l’achat d’armes, a gagné du terrain, mais soulève des questions juridiques et politiques délicates.

L’Allemagne, historiquement liée économiquement à la Russie par des liens énergétiques et commerciaux forts, se retrouve dans une position particulièrement délicate. Les investissements allemands en Russie, réalisés sur plusieurs décennies, sont considérables et leur perte potentielle pourrait avoir des conséquences significatives sur l’économie allemande.

L’opposition hongroise à toute mesure perçue comme une escalade du conflit avec la russie souligne les divisions persistantes au sein de l’Union européenne. La capacité de l’UE à maintenir un front uni face à la crise ukrainienne reste donc incertaine. Le blocage récurrent des sanctions par Budapest met en lumière la nécessité de trouver des compromis difficiles pour préserver la cohésion européenne.

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