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Anita Lam : L’art, l’écologie et le “Happy Zoo”

L’artiste Anita Lam réinvente le zoo pour une ère de conscience écologique

Hong Kong – L’artiste hongkongaise Anita Lam ne cherchait pas à redéfinir le concept du zoo, mais une lecture marquante de l’essai de John Berger, Pourquoi regarder les animaux ?, l’a conduite à remettre en question la joie qu’elle éprouvait autrefois face à ces espaces. Cette interrogation a donné naissance à “Happy Zoo”, une série artistique conceptuelle développée par ALAN (Artists who Love Animals and Nature), l’organisation à but non lucratif qu’elle a cofondée et qu’elle dirige aujourd’hui.

“Happy Zoo” n’est pas un zoo traditionnel. Il n’y a ni cages, ni barrières entre l’humain et l’animal. Et surtout, il n’y a pas d’animaux vivants exposés. À la place, chaque itération de cette exposition multimédia adaptative – “BLUTOPIA” en 2023, “Spirit of Sumatra” en 2024, et actuellement “Wild Togetherland” à la galerie GATE33 de Hong Kong, avec “Snowmelt” en développement – invite à l’empathie envers les animaux, tant dans leur habitat naturel que dans les environnements urbains.

“Wild Togetherland” pose une question intrigante : quelle est la place de l’humain dans l’écosystème urbain ? Une question d’autant plus pertinente que l’urbanisation galopante, selon les données de l’ONU, devrait concentrer 68% de la population mondiale dans les villes d’ici 2050, exacerbant les conflits entre l’homme et la faune.

Le travail d’Anita Lam se situe à l’intersection de l’art, de l’écologie, de la technologie et de la philosophie. Loin d’être moralisateur ou pessimiste, comme le sont souvent les expositions axées sur l’environnement, son approche est ludique et parfois espiègle. En collaborant avec des artistes tels que Ruby Maky, Stickyline et Carnovsky (Francesco Rugi et Silvia Quintanilla), elle crée des installations immersives, des jeux vidéo interactifs, des sculptures et des œuvres qui invitent à la réflexion.

L’exposition “Wild Togetherland” présente notamment Urban Animal Fables de Stickyline, des sculptures géométriques d’animaux croisant la rue, et A Mobile of Coexistence d’Alizé, des mobiles suspendus qui symbolisent l’équilibre fragile entre les espèces. Ces œuvres, loin de donner des réponses toutes faites, cherchent à susciter la curiosité et à encourager le public à se questionner sur sa propre relation avec le monde animal.

“Nous sommes très conscients que le monde est déjà lourd”, explique Anita Lam. “L’humour est une invitation. Quelque chose de léger peut ouvrir une porte là où quelque chose de sérieux pourrait repousser les gens.”

L’artiste souligne l’importance de l’empathie, non seulement envers les animaux, mais aussi envers nos semblables. “Les animaux représentent ceux qui ont le moins de pouvoir dans un système partagé, tandis que les humains sont devenus la minorité puissante sur cette planète. La façon dont nous partageons cette planète avec eux est le reflet de la façon dont nous fonctionnons en tant que société.”

ALAN, fondée en 2019, s’inscrit dans un mouvement mondial croissant d’artistes engagés dans la défense de l’environnement. Selon un rapport de l’UNESCO, l’art peut jouer un rôle crucial dans la sensibilisation aux enjeux environnementaux et dans la promotion de comportements durables.

“Happy Zoo” n’est pas une simple exposition, mais un projet en constante évolution. Anita Lam et son équipe envisagent de l’exporter dans d’autres villes du monde, en adaptant chaque itération au contexte local. L’objectif est de créer un dialogue global sur la coexistence entre l’homme et la nature, et de rappeler que la survie de l’un dépend de la survie de l’autre.

“Trouver de l’empathie avec les animaux peut être l’un des moyens les plus honnêtes de nous rappeler comment prendre soin les uns des autres”, conclut Anita Lam.

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