Le Premier ministre Andy Burnham a refusé d’exclure de nouvelles hausses d’impôts lors du prochain budget d’automne, tout en invoquant la rigueur et une situation financière publique qualifiée de difficile. Cette mise au point intervient alors que les derniers indicateurs font état d’une hausse inattendue des emprunts de l’État.
Le chef du gouvernement britannique s’est exprimé sur les orientations budgétaires à venir lors de son premier déplacement officiel à l’étranger, qui l’a mené en Ukraine. Interrogé sur la nécessité pour les contribuables de financer de nouvelles mesures par le biais de prélèvements accrus, le dirigeant a indiqué qu’il ne ferait pas preuve de naïveté face aux réalités économiques.
Un équilibre budgétaire sous tension et des finances publiques scrutées
La pression financière s’exerce avec acuité sur le nouvel exécutif et sur le chancelier de l’Échiquier John Healey à l’approche du budget fixé au 28 octobre. Ce montant dépasse les prévisions et représente une augmentation de 700 millions de livres sterling, soit une hausse plus élevée qu’un an auparavant, en dépit d’un mois record pour les recettes de l’impôt sur le revenu.
Parallèlement, l’inflation a atteint en juillet un pic sur quatre mois, portée par les répercussions du conflit au Moyen-Orient qui pèsent sur les coûts de l’énergie et des carburants. Des instituts économiques, à l’instar du National Institute of Economic and Social Research, avertissent qu’il ne reste aucune marge pour des emprunts supplémentaires, contraignant l’exécutif à choisir entre des coupes dans les dépenses ou des augmentations d’impôts.
Mesures d’urgence et arbitrages de priorités
Pour répondre à la vie chère, le cabinet a mis en avant des engagements ciblés, à l’instar du plafonnement des tarifs des bus à 2 livres sterling et de la réduction de la TVA sur l’électricité domestique. Le dirigeant a défendu ces initiatives en expliquant qu’elles avaient pu être financées grâce à une réallocation des fonds publics disponibles.

Andy Burnham, Premier ministre, a déclaré qu’il avait pris la décision dès le début que l’identité numérique n’était pas la priorité absolue pour le moment, et que les financements avaient par conséquent été réattribués à d’autres priorités.
Cependant, le financement de la baisse de la TVA par l’abandon du projet de carte d’identité numérique de l’administration précédente a suscité des critiques. L’ancien ministre Darren Jones a notamment souligné que cette politique antérieure n’avait pas fait l’objet d’un chiffrage rigoureux.
Les craintes du secteur privé et les perspectives pour l’automne
Du côté des entreprises, les inquiétudes se focalisent sur la hausse des charges. Rain Newton-Smith, directrice générale de la Confédération de l’industrie britannique, a déclaré que le coût de l’emploi avait fortement augmenté, ce qui freine la création d’opportunités pour les jeunes.

Rain Newton-Smith, directrice générale de la Confédération de l’industrie britannique, a affirmé que les chefs d’entreprise avec lesquels elle s’entretient estiment que le coût de l’activité économique a tellement augmenté qu’il les empêche de créer des opportunités.
Face à ces tensions, le gouvernement insiste sur le respect des règles budgétaires strictes établies par l’ancienne chancelière Rachel Reeves, visant à financer les dépenses courantes par les recettes fiscales et à réduire la dette en proportion du PIB. Tandis que l’opposition conservatrice, par la voix de Sir Mel Stride, accuse le Parti travailliste d’avancer sans plan précis, l’exécutif maintient qu’il agira avec prudence pour protéger les ménages lors de la présentation officielle du budget à l’automne.
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