Home NouvellesAncien juge renonce à un prix après que Duterte y ait été honoré

Ancien juge renonce à un prix après que Duterte y ait été honoré

Philippines : Indignation après la reconnaissance de Duterte par l’Ordre des avocats

Manille,Philippines – Une vague de protestations déferle sur les Philippines après que l’Ordre des Avocats (IBP) a décerné un prix à l’ancien président Rodrigo Duterte,connu pour sa controversée “guerre contre la drogue” et ses attaques contre les défenseurs des droits humains. La décision a suscité l’indignation de groupes de défense des droits, d’avocats et de membres de la société civile.

duterte, président de la NUPL (National Union of People’s Lawyers), a reçu cette reconnaissance malgré les accusations persistantes de violations des droits de l’homme commises sous son mandat. Karapatan,une alliance de groupes de défense des droits humains,a qualifié la décision de “parodie” et d'”affront” à la profession juridique,soulignant le mépris présumé de Duterte pour la justice et l’état de droit.

L’organisation dénonce que ce prix “tourne en dérision le Code de responsabilité professionnelle et de responsabilité” et “trahit les victimes d’exécutions extrajudiciaires,de torture et d’autres violations des droits humains”.

Sous la présidence duterte, des milliers de personnes ont été tuées dans le cadre de la guerre contre la drogue, souvent sans procédure régulière. Des rapports crédibles ont fait état d’exécutions extrajudiciaires commises par le “DDS” (Davao Death Squad), un groupe paramilitaire lié à Duterte lorsqu’il était maire de Davao.

Au-delà de la guerre contre la drogue,Duterte a été critiqué pour son hostilité envers les progressistes,avec une recrudescence des “marquages rouges” (accusations d’affiliation communiste),des enlèvements,des intimidations et des meurtres de militants. Son governance a également été responsable de l’adoption d’une loi antiterroriste controversée,qui permet à l’État de désigner arbitrairement des individus comme terroristes.

Le juge à la retraite Romeo Paredes, un critique virulent de Duterte, a exprimé sa “déception et son dégoût” face à la reconnaissance, la qualifiant de “principal accusé de crimes contre l’humanité” devant la Cour pénale internationale (CPI). Il a souligné l’absence d’état de droit lorsque des personnes sont tuées sans procès et a dénoncé le traitement inhumain des suspects de drogue.

Contexte et enjeux:

La reconnaissance de Duterte par l’IBP intervient dans un contexte de débat persistant sur la responsabilité des crimes commis sous son administration. La CPI a ouvert une enquête sur les allégations de crimes contre l’humanité liés à la guerre contre la drogue, mais les progrès ont été lents.

Cette affaire met en lumière les tensions entre la nécessité de rendre justice aux victimes de violations des droits humains et les considérations politiques qui peuvent influencer les institutions juridiques. Elle soulève également des questions fondamentales sur l’intégrité de la profession juridique et son rôle dans la défense de l’état de droit.

L’héritage de Duterte reste profondément polarisant aux Philippines, et cette controverse risque d’alimenter davantage les divisions au sein de la société.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.