Breaking News : Amnesty International dénonce la répression des manifestations au Maroc
Rabat, Maroc – Amnesty International a exprimé sa vive inquiétude face à l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre marocaines contre les manifestants pacifiques, lors de récentes mobilisations qui ont secoué plus d’une douzaine de villes à travers le pays. L’organisation de défense des droits humains appelle les autorités marocaines à mettre fin à la répression et à respecter le droit à la protestation.
Les manifestations, organisées par les groupes de jeunes Genz 212 et Maroc, ont rassemblé des milliers de personnes pour dénoncer la corruption et les dépenses publiques jugées excessives, notamment en vue de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2030. Les protestataires réclament également une amélioration de l’accès à l’éducation, aux soins de santé, à des emplois décents et à une plus grande transparence gouvernementale.
“Les autorités marocaines doivent garantir le droit à des manifestations pacifiques. Personne ne doit être puni pour avoir exercé ses droits, qu’il s’agisse de revendications économiques et sociales ou de la lutte contre la corruption”, a déclaré Heba Morayef, directrice d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
L’organisation rappelle que, conformément au droit international, l’usage de la force létale par les forces de sécurité est strictement encadré et ne peut être utilisé qu’en dernier recours, pour protéger des vies en danger imminent. Amnesty International exhorte les autorités marocaines à adopter toutes les mesures possibles pour éviter de recourir à la violence et à retirer les accusations portées contre les personnes arrêtées pour avoir participé à des rassemblements pacifiques.
Contexte et enjeux persistants :
Le Maroc a connu des vagues de protestations ces dernières années, notamment le mouvement populaire du Rif entre 2016 et 2017, qui avait déjà mis en lumière les frustrations sociales et économiques de la population.Ces mouvements soulignent un besoin urgent de réformes structurelles pour répondre aux aspirations des citoyens, en particulier de la jeunesse, et renforcer la gouvernance transparente et responsable.
L’utilisation des réseaux sociaux, tels qu’Instagram, TikTok et Discord, pour organiser et mobiliser les manifestants témoigne de l’importance croissante de ces plateformes dans l’expression des revendications citoyennes au Maroc et dans la région.
Amnesty International continue de suivre de près la situation au Maroc et appelle les autorités à respecter leurs obligations en matière de droits humains et à engager un dialog constructif avec la société civile pour répondre aux préoccupations légitimes de la population.
