Alysa Liu, l’Américaine sacrée à Milan, et l’ombre d’Eileen Gu, la star chinoise-américaine
Milan, Italie – L’Américaine Alysa Liu a gravé son nom dans l’histoire du patinage artistique en remportant la médaille d’or aux Championnats du monde de Milan, mettant fin à 24 ans de disette pour les États-Unis dans cette discipline. Sa victoire, acquise jeudi, a suscité une vague d’enthousiasme, notamment un message de félicitations inattendu de la skieuse sino-américaine Eileen Gu.
Liu, 17 ans, est devenue la première patineuse américaine à décrocher l’or individuel aux Mondiaux depuis 2002. Son programme libre, exécuté avec une précision et une émotion palpables, lui a valu un score total de 226.79 points. Elle a exprimé sa joie sur Instagram, postant une photo de sa médaille d’or accompagnée d’un message simple et puissant : “Ces médailles sont pour vous tous.”
C’est à ce moment qu’Eileen Gu, la skieuse freestyle qui a choisi de représenter la Chine aux Jeux Olympiques, a commenté le post d’Alysa Liu avec un enthousiaste “YESSSSSS”. Un geste qui, au-delà de la simple camaraderie sportive, souligne la complexité des liens qui unissent ces deux athlètes sino-américaines.
Leur parcours, bien que similaire dans leurs origines, a pris des directions opposées. Alysa Liu, née aux États-Unis de parents immigrés chinois, a toujours affiché une loyauté sans faille envers son pays. Eileen Gu, elle, a opté pour la Chine à l’âge de 15 ans, une décision qui a suscité de vives critiques et un débat passionné sur l’identité, la nationalité et les enjeux géopolitiques du sport.
Le gouvernement chinois a mis en place un programme de recrutement d’athlètes d’origine chinoise, visant à renforcer sa compétitivité sportive, notamment en vue des Jeux Olympiques d’hiver de Pékin 2022 et dans le domaine du football, selon le China Project. Gu et Liu étaient toutes deux des cibles prioritaires.
Alors qu’Alysa Liu a continué à porter les couleurs des États-Unis, Eileen Gu a embrassé la voie chinoise, remportant deux médailles d’or et une d’argent aux Jeux Olympiques de Pékin. Son succès a fait d’elle une star mondiale, mais a également alimenté les controverses.
Le contraste entre les deux athlètes est frappant. Liu incarne le rêve américain, l’histoire d’un enfant d’immigrés qui réussit grâce à son talent et à son travail acharné. Gu, quant à elle, représente une nouvelle forme de nationalité sportive, où les athlètes peuvent choisir de représenter le pays qui leur offre les meilleures opportunités.
“Beaucoup de gens ont un problème avec moi parce qu’ils regroupent la Chine dans une entité monolithique et qu’ils détestent la Chine”, a déclaré Gu, interrogée sur les critiques dont elle fait l’objet. “Ce n’est pas vraiment ce dont il s’agit. Et aussi, parce que je gagne. Si je ne performais pas bien, je pense qu’ils s’en soucieraient moins.”
Alors qu’Eileen Gu se prépare pour la finale du halfpipe, son épreuve de prédilection, dimanche, Alysa Liu savoure sa victoire à Milan. Elle a surmonté des obstacles personnels, notamment une retraite temporaire du sport en 2022, pour revenir plus forte que jamais. Sa médaille d’or est un symbole d’espoir et d’inspiration pour les jeunes athlètes du monde entier.
La question de savoir si Gu aurait pu remporter l’or en représentant les États-Unis reste ouverte. Mais une chose est sûre : l’histoire d’Alysa Liu et d’Eileen Gu continuera de susciter le débat et de captiver l’attention du public pour les années à venir.
[Lien vers le post Instagram d’Alysa Liu]
[Lien vers le compte X (anciennement Twitter) d’Eileen Gu]
[Lien vers un article de Fox News sur le programme de recrutement d’athlètes chinois]
