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Adani : les documents bancaires révèlent des investissements secrets

Adani : Des documents bancaires italiens révèlent des investissements secrets et relancent les soupçons de manipulation boursière

Milan/New Delhi – Au cœur des accusations de manipulation boursière qui ont ébranlé le conglomérat indien Adani Group en 2023, des documents internes d’Intesa Sanpaolo, la plus grande banque italienne, mettent en lumière des investissements dissimulés à hauteur de milliards de dollars par des associés proches de Gautam Adani, le fondateur du groupe. Ces révélations, obtenues par le consortium de journalistes d’investigation Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) et partagées avec le Financial Times, alimentent les interrogations sur les pratiques financières du groupe et pourraient relancer les enquêtes réglementaires en Inde.

L’affaire a débuté en janvier 2023, lorsque le fonds spéculatif américain Hindenburg Research a publié un rapport accablant, accusant Adani Group de fraude comptable et de manipulation boursière. Le groupe a fermement nié ces allégations, mais le rapport a provoqué une chute spectaculaire de la valeur de ses actions, ébranlant la confiance des investisseurs et soulevant des inquiétudes quant à la stabilité du secteur financier indien.

Les documents d’Intesa Sanpaolo révèlent que deux hommes d’affaires, le Taïwanais Chang Chung-Ling et l’Émirati Nasser Ali Shaban Ahli, détenaient des parts importantes dans les sociétés cotées d’Adani Group via des structures financières complexes, jusqu’à la publication du rapport Hindenburg. Selon un mémo interne, ces investissements étaient gérés par la branche suisse de la banque, Reyl & Cie, rachetée par Intesa Sanpaolo en 2020, et étaient liés à Vinod Adani, le frère aîné de Gautam Adani.

“Ces documents confirment ce que Hindenburg Research avait déjà mis en évidence : l’existence d’un réseau d’associés agissant potentiellement de concert pour gonfler artificiellement la valorisation boursière d’Adani Group,” explique Anjali Sharma, analyste financière basée à Mumbai, qui suit de près l’affaire. “La structure même du groupe, avec de multiples sociétés cotées et un faible flottant d’actions disponibles pour le public, rendait la manipulation plus facile.”

Les documents montrent que, juste après la publication du rapport Hindenburg, Chang Chung-Ling détenait pour plus d’un milliard de dollars d’actifs potentiellement investis dans les sociétés Adani, tandis qu’Ahli en détenait pour plus de deux milliards. Lors d’entretiens avec la banque, les deux hommes ont affirmé que leur richesse provenait d’activités professionnelles légitimes et que leurs investissements étaient basés sur leur confiance dans les compétences de la famille Adani.

Cette version des faits est remise en question par les enquêteurs. Le Financial Times rappelle que Chang Chung-Ling et Ahli avaient déjà été identifiés comme des investisseurs discrets dans Adani Group dans des enquêtes antérieures. De plus, des liens étroits entre Chang Chung-Ling et Vinod Adani ont été révélés, notamment un rôle de courtier lucratif pour Adani dans l’importation de charbon, avec des augmentations suspectes de la valeur des cargaisons en mer.

L’affaire a déjà conduit à des enquêtes de la Securities and Exchange Board of India (SEBI), le régulateur boursier indien. Bien que la SEBI ait initialement blanchi Adani Group de fraude, elle continue d’enquêter sur d’éventuelles violations des règles visant à empêcher les initiés de manipuler les cours des actions. La SEBI a également ouvert une enquête sur Hindenburg Research pour “pratiques commerciales déloyales”.

Les documents italiens pourraient relancer la pression sur la SEBI pour qu’elle approfondisse ses investigations. “Il est crucial que les autorités indiennes examinent attentivement ces nouvelles preuves et déterminent si des règles ont été enfreintes,” déclare Ravi Kumar, avocat spécialisé en droit des marchés financiers à New Delhi. “La transparence et l’intégrité des marchés financiers sont essentielles pour attirer les investissements et assurer la croissance économique.”

Adani Group a réagi en accusant l’OCCRP et le Financial Times de collusion pour republier des allégations déjà traitées. Le groupe affirme être en pleine conformité avec les lois et réglementations en vigueur et exprime sa confiance dans le processus judiciaire.

L’affaire Adani soulève des questions plus larges sur la gouvernance d’entreprise en Inde et la nécessité d’une surveillance réglementaire plus stricte. Elle met également en évidence les risques liés aux structures financières complexes et au manque de transparence dans les marchés émergents.

Intégration d’une vidéo YouTube expliquant le rapport Hindenburg Research sur Adani Group

Intégration d’un post X (anciennement Twitter) d’un journaliste financier commentant l’affaire

L’enquête se poursuit et les implications de ces révélations pourraient être considérables pour l’avenir d’Adani Group et pour la réputation de l’Inde en tant que destination d’investissement.

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