Home ÉconomieJuken ferme son usine de Kaitāia : 60 emplois menacés

Juken ferme son usine de Kaitāia : 60 emplois menacés

Les pressions économiques derrière la décision de Juken New Zealand

Juken New Zealand Ltd a confirmé, le 24 juin 2026, l’ouverture d’une procédure de consultation pour la fermeture de son usine Northland Mill à Kaitāia. Faute d’acheteur, cette décision menace environ 60 emplois dans une région où le secteur forestier est vital, malgré les efforts de la société pour trouver une solution alternative viable.

Les pressions économiques derrière la décision de Juken New Zealand

La direction de la société d’origine japonaise a admis avoir épuisé ses options de vente pour le site de Kaitāia. Selon les informations rapportées par 1News, l’entreprise a mené un processus de recherche intensif sans succès. Yasufumi Tsuchiya, directeur de JNL, a justifié cette proposition par une conjoncture sectorielle particulièrement dégradée.

« Cette proposition reflète des conditions de marché difficiles, notamment une baisse de la demande sur des marchés clés, une hausse des coûts et un volume de travail insuffisant pour maintenir l’usine de manière durable », a déclaré Yasufumi Tsuchiya dans un communiqué.

Les pressions économiques derrière la décision de Juken New Zealand
Photo: NZ Herald
Yasufumi Tsuchiya, directeur de JNL, via 1News Bien que le projet de fermeture de la Northland Mill soit imminent, le sort de l’usine voisine, la Triboard Mill, demeure distinct. La direction affirme que le processus de vente pour ce second site se poursuit, sans qu’aucune décision finale n’ait été actée pour l’instant.

L’impact social sur la région du Far North

Pour la communauté de Kaitāia, l’annonce a provoqué un choc profond. Les deux usines représentent le deuxième employeur de la ville dans un district où l’accès à l’emploi est déjà restreint. Si la Northland Mill emploie environ 60 personnes, la Triboard Mill en compte 140, créant un pilier économique local de 200 salariés. Marcus Coverdale, organisateur du syndicat Workers First, a indiqué que les employés ont été convoqués dès 6h30 ce mercredi pour apprendre l’échec de la période de vente. Il appelle désormais l’État à intervenir pour « lancer une bouée de sauvetage aux travailleurs ». L’inquiétude est partagée par les autorités locales, qui craignent une onde de choc sur l’ensemble du tissu économique régional.

« À un moment où le coût de la vie, les pressions sur le logement et les prix du carburant pèsent déjà lourdement, une nouvelle comme celle-ci frappera fort », a affirmé Chicky Rudkin, maire par intérim du Far North, selon une analyse de RNZ.

L'impact social sur la région du Far North
Photo: RNZ
Chicky Rudkin, maire par intérim du Far North, via RNZ La municipalité a précisé qu’elle travaillerait avec le gouvernement central et les acteurs locaux pour soutenir les familles affectées, tout en soulignant que l’incertitude actuelle empêche toute planification économique pour les ménages.

La perte d’efficacité de la filière bois locale

La Seita va fermer son usine de Carquefou
Au-delà de l’aspect social, la fermeture de la Northland Mill pose un problème structurel de gestion des ressources forestières. La proximité des deux usines permettait jusqu’ici une exploitation intégrale des billes de bois, optimisant ainsi la valeur ajoutée sur le territoire.
  • Triboard Mill : Utilise le sommet des billes pour la production de produits spécifiques.
  • Northland Mill : Traite la partie centrale et inférieure pour les placages et le paillis.
  • Risque identifié : Sans la Northland Mill, les deux tiers restants du bois pourraient être exportés à l’état brut, sans transformation locale.
Cette dégradation de la chaîne de valeur s’inscrit dans une tendance nationale préoccupante. Si la fermeture est confirmée, elle marquera la septième fermeture d’une scierie dans le pays sous le mandat du gouvernement actuel.

Tensions politiques et avenir de la Triboard Mill

Le dossier a pris une tournure politique avec les déclarations de Shane Jones, ministre du Développement régional. Ce dernier a réfuté l’idée d’un manque de soutien étatique, affirmant que l’entreprise n’avait jamais sollicité de plan de sauvetage auprès de son ministère, comme le rapporte le NZ Herald. Le ministre a également évoqué une « confusion considérable » entre les acheteurs potentiels et la société mère concernant l’état des négociations. Parmi les pistes de sortie de crise, le nom de Wayne Brown, maire d’Auckland, circule. Agissant en tant qu’homme d’affaires dans le Far North, il ferait partie d’un consortium intéressé par l’acquisition de la Triboard Mill, et potentiellement des deux sites, bien que la complexité de la situation reste élevée. Le calendrier de la crise est désormais clairement défini :
  • 8 juillet 2026 : Ouverture officielle du processus de consultation avec les employés et les syndicats.
  • 16 juillet 2026 : Date limite pour la décision finale de Juken New Zealand concernant la Northland Mill.
Dans l’intervalle, la communauté reste dans l’attente d’un signal fort, que ce soit de la part de nouveaux investisseurs privés ou d’une intervention politique pour stabiliser l’économie de Kaitāia.

Find more reporting in our Économie section.

Tensions politiques et avenir de la Triboard Mill

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.