Une escalade militaire oppose l’Iran et les États-Unis en septembre 2026. Téhéran a ciblé des navires et une base américaine en Jordanie après la destruction de cinq pétroliers iraniens par l’armée américaine. Cette reprise des hostilités a fait repasser le cours du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril.
La situation au Moyen-Orient connaît une nouvelle flambée des violences, mettant fin à un mois de calme relatif dans un conflit ouvert depuis le 28 février. Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé mercredi 9 septembre avoir attaqué dix navires et tiré des missiles balistiques sur une base militaire en Jordanie utilisée par les forces américaines. Cette offensive survient en riposte directe à la destruction de cinq pétroliers iraniens par les États-Unis.
L’offensive américaine contre les pétroliers et la riposte iranienne en Jordanie
Le Commandement central de l’armée américaine, le Centcom, a annoncé dans la nuit avoir détruit cinq pétroliers iraniens le mardi 8 septembre, après des tentatives d’attaques menées par les Gardiens de la révolution contre un navire de guerre de la marine américaine à deux reprises au cours des deux derniers jours. L’armée américaine a indiqué avoir demandé aux équipages à bord d’abandonner les navires avant de procéder aux frappes. Auparavant, l’armée américaine avait dit mardi avoir détruit cinq pétroliers iraniens, après des tentatives d’attaques de missiles contre un navire de guerre de la marine lors des deux derniers jours, selon le Commandement central de l’armée américaine. Le Centcom a assuré avoir demandé aux équipages iraniens d’abandonner leur navire avant qu’ils ne soient pris pour cible.
Un des vaisseaux se trouvait au large de l’île de Kharg, où se situe le principal terminal pétrolier de l’Iran dans le Golfe, un autre plus au sud à proximité du détroit d’Ormuz, près de Jask, et le troisième dans le Golfe d’Oman, a détaillé l’armée américaine. Le Commandement militaire américain avait dit avoir visé des pétroliers iraniens, affirmant en avoir « neutralisé de manière permanente » deux et « complètement détruit » un troisième, assurant que ces bâtiments faisaient partie « d’un réseau occulte » finançant les Gardiens et leurs alliés à hauteur de « plusieurs milliards de dollars ». Les Gardiens ont confirmé l’attaque américaine contre « trois pétroliers appartenant à la République islamique d’Iran dans le détroit d’Ormuz, provoquant des dégâts », y voyant un « acte de désespoir face à la fermeture » de cette voie stratégique pour le commerce.
De leur côté, les Gardiens de la révolution ont riposté mercredi, dans un communiqué relayé par les médias publics iraniens, en annonçant avoir lancé des missiles balistiques en direction d’une base militaire utilisée par des soldats américains près d’Al-Azraq en Jordanie. Selon l’agence de presse officielle jordanienne, qui cite l’armée du royaume, les systèmes de défense aérienne ont détruit 18 des 20 missiles balistiques lancés depuis le territoire iranien. Deux missiles sont retombés dans des zones inhabitées sans faire de victimes, a précisé l’armée. Un responsable américain a déclaré que les frappes iraniennes en Jordanie avaient été inefficaces et qu’aucun soldat américain n’avait été blessé.
Tensions dans le détroit d’Ormuz et répercussions sur les marchés pétroliers
Les hostilités se sont également déplacées en mer. L’armée idéologique de Téhéran a affirmé mercredi 9 septembre avoir attaqué deux navires américains et huit pétroliers dans le Golfe, indiquant que dix navires qui tentaient de traverser des zones « interdites et non sécurisées » du détroit d’Ormuz avaient également été attaqués. Les Gardiens de la Révolution ont aussi annoncé, samedi, avoir « ciblé trois pétroliers sur des passages non autorisés dans le détroit d’Ormuz et trois navires américains dans d’autres zones », mettant en garde les autres bateaux contre toute tentative de transit via des routes non approuvées par Téhéran. L’Iran a revendiqué tôt dimanche l’attaque d’un drone naval américain dans la région du détroit d’Ormuz, après des frappes des États-Unis contre trois de ses pétroliers dans le Golfe, précisant que les Gardiens de la Révolution « ont attaqué un véhicule de surface militaire américain sans pilote (navire téléopéré) qui tentait de pénétrer dans la zone protégée du détroit d’Ormuz ».
Face à ces actions, le Centcom a fermement démenti certaines déclarations de Téhéran en publiant sur X : « Les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique iranien ont affirmé avoir frappé deux destroyers de l’US Navy opérant au Moyen-Orient. C’est totalement FAUX ».
La reprise des échanges de tirs depuis une semaine entre l’Iran et les États-Unis a interrompu un mois de calme relatif dans ce conflit qui a débuté le 28 février, provoquant une nouvelle flambée des prix du pétrole. Le cours du Brent, référence du marché pétrolier, est ainsi repassé au-dessus de la barre des 100 dollars le baril mercredi, pour la première fois depuis le 24 juillet.
Avertissements officiels et menaces de ripostes accrues
Les autorités des deux camps affichent une fermeté sans équivoque. En déplacement en Colombie, le secrétaire d’État Marco Rubio a déclaré à des journalistes : « L’Iran continue de tenter de frapper des navires américains. À chaque fois qu’ils tenteront de faire cela, ils perdront des pétroliers ».
Du côté de Téhéran, le ton est tout aussi offensif. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a menacé dimanche de ripostes « plus rapides et plus intenses » face aux attaques américaines, affirmant dans un message diffusé par un média d’État que « les Américains ont dû comprendre que l’ère des ripostes proportionnées était révolue », et ajoutant que « toute agression contre les intérêts et la sécurité de l’Iran recevra une réponse plus rapide, plus intense et plus douloureuse ». Les Gardiens de la révolution ont également déclaré qu’ils intensifieraient considérablement leur riposte à toute nouvelle attaque, précisant que si « l’ennemi » frappe deux ou trois cibles iraniennes, l’Iran ripostera en en frappant vingt.
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